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 L'inévitable affront - Pv Oscar

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Date d'arrivée : 17/06/2018
Messages : 12

Loyauté : 81
Célébrité : DORMER NATALIE
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Crédits : Google, je présume

Ma présentation : Ici
Jeune muse en détresse depuis bien trop d'années.
Compense dans les jolies choses, les jolies personnes.
Consume, ces mêmes jolies personnes jusque à leur dernier souffle.
Mon âge : Trente-cinq belles années
Mon métier : Avocate hors pair
Côté coeur : Divorcée, de nombreuses fois

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Olimpia Giliberto
« Membre du clan Capaci »
L'inévitable affront - Pv Oscar
Mar 19 Juin - 21:50 - #

We don't deal with outsiders very well... They say newcomers have a certain smell


"Tu vas parler ?! Sombre fils de pute !"

Son arme se braque sur la tête du jeunot. La Matriarche ne s'occupe jamais de faire le sale travail comme ils aiment tant le dire. Mais la cible qu'elle vise ces temps-ci est particulière. Elle ne souhaite guère s'attirer les foudres de son clan pour son imprudence.  Cette affaire est personnelle. Alors, elle oeuvre seule. Armée de son seul revolver voilà bien des jours qu'elle observe les allées et venues de ses potentielles proies. Et l'heure est venue de se faire bien plus menaçante :
"Si tu ne parles pas, maintenant, je retrouverais ta mère. Et ton père. Et tu sais qu'on ne rigole pas avec la famille, ici."

Le jeune homme déglutit bruyamment et glisse une main discrète vers sa ceinture. Immédiatement son pied vient s'abattre fermement pour dégager sa main. Grognant, elle presse d'avantage l'arme contre son front. Ses yeux viennent se planter dans ceux de sa proie. Menaçante et froide. Distante et détachée. Il se doute qu'elle est capable du meilleur comme du pire et que dans l'immédiat, le pire l'attend. Alors, le faible cède. De sa voix tremblante, il bredouille quelques propos compréhensibles mais brefs. Bien trop brefs aux yeux de la belle :
"Ses armes. Il n'aime que ses armes. Il n'a pas de conjointe."

Son arme se décroche avec lenteur de son front pour venir s'y replaquer de plus belle. Bouh, c'est moi la vilaine ici, semble t-elle lui souffler. Distingueant une lueur de peur dans son regard, la créature en joue. Elle n'a de cesse que de raviver ses craintes. Et quelque chose se réveille en elle, un sentiment désuet, insoupçonné. Merde. Elle aime, au delà du raisonnable, cette atroce crainte qu'elle provoque. Elle aimerait tant embrasser spontanément ce faciès marqué par la crainte, y voyant là, la pureté de bien des émotions cachées jusque alors...
"Et une amante quelconque ? Une petite jeunette aux cuissots dociles ? Il en a une ?"

Bredouillant qu'il n'en sait rien, le jeune en vient à s'uriner dessus. Une flaque de pisse vient ternir ses belles baskets jusque alors immaculées. Un rire franchit les lèvres de la blondinette alors qu'elle approche son visage à quelques centimètres à peine du sien. L'arme toujours braquée, elle lui souffle d'une voix assurée :
"Ne t'avise guère de leur en parler. Ou j'achèverais ton Don ainsi que ta mère, ton père..." et plantant ses yeux dans les siens, elle achève :
"Et toutes les personnes qui sont chères à tes yeux. Surtout cette jolie petite Carolina. Jeune plébéienne que tu aimes bécoter en lui soufflant ta vilaine petite aversion pour ton clan... Ouh... !"

Retirant son arme de sur son crâne, la créature laisse retomber son bras le long de son corps. De l'ombre, sort l'un de ses hommes de main. Olimpia range son arme et souffle d'une voix presque inaudible:
"On rentre. Couvre moi et assure mes arrières."

Délaissant là le jeunot en proie à ses émotions, la portière de sa vieille fiat s'ouvre. Se glissant sur la banquette arrière, elle laisse échapper un soupir de contentement. A l'intention de son chauffeur et allié, la ténébreuse souffle :
"Ne t'avise guère d'en parler. Gabriel me tranchera la tête s'il l'apprend. Et moi je trancherais la tienne avant que la mienne ne tombe. C'est clair ?" ... Assise au milieu de la banquette, elle laisse ses pieds rejoindre le siège avant du véhicule. Ils se croisent et ainsi postée, elle se laisse conduire à son quartier...

Assise, dans son fauteuil, la Matriarche laisse échapper un bâillement. De sa dextre, elle se saisit de son paquet de cigarettes et en extrait une. De sa senestre, elle se saisit de son briquet et glissant entre ses fines lèvres le mégot à en venir, elle fait jaillir la flamme du briquet. Entre son index et son majeur, elle maintient le cancer de sa vie et tire dessus. Lentement, elle laisse la fumée s'extirper de ses lèvres. Elle répète l'opération puis vient tapoter sa cigarette pour en retirer les cendres contre le bord du cendrier. S'enfonçant d'avantage dans le fauteuil, elle jette son briquet sur la table basse et se saisit de son verre de bourbon.

Là, la jeune femme troque sa cigarette pour laisser l'alcool couler dans sa bouche. Douce sensation de brûlure, elle ferme les yeux et inspire doucement, venant tirer à nouveau sur la cigarette. Un fin frisson vient parcourir son échine sous les plaisirs simples de la vie qu'elle s'accorde en ce début de journée. Sur la table basse, son téléphone portable s'agite. De vrombissement en vrombissement, tout prête à croire qu'il y'a urgence. Mais demeurant stoïque, elle esquisse un petit sourire et garde ses yeux définitivement fermés.

A mi-voix, entre deux lapées d'alcool, elle souffle :
" Tu devras toujours être disponible pour Cosa Nostra..."

Un rire fou franchit ses lèvres alors qu'elle rejette sa tête en arrière. Un long soupir franchit ses lèvres, mélange d'exaspération et d'incompréhension. Sa cigarette se pose, son verre se dépose et rejetant son visage en avant, ses yeux s'ouvrent. Elle peste, fulmine à mi-voix et se relevant de son siège, elle en vient à ouvrir ses volets. Le jour vient éblouir ses yeux au possible. Et grimaçant, l'indomptable retourne auprès de sa table basse pour éteindre son semblant de mégot et se saisir de son téléphone. D'un geste las, elle consulte l'historique ses appels et rappelle le dernier numéro en liste.

L'un d'eux

Elle consulte vaguement la grande pendule qui orne l'un des murs de son salon et ne feint pas d'être intéressée au téléphone. C'est son jour de repos. Il n'est que dix heures et voilà qu'ils osent l'enquiquiner.
A l'autre bout du fil, on lui rappelle ses priorités qu'elle balaie en quelques plates excuses. Les propos se font insistants, elle se répète et par exaspération pur, envoi valdinguer son téléphone contre le mur. Ses yeux se bordent de larmes alors que ses mains viennent tout balayer sur leur passage. Dans un excès de colère nouveau, elle retourne sa table basse et laisse un cri franchir ses lèvres. Être redevable. Être éternellement redevable. Son sang ne fait qu'un tour alors que l'un de ses poings vient s'enfoncer dans le mur. Ses phalanges se teintent légèrement. Son corps tout entier s'agite en vilains tremblements alors que la jeune avocate cède. Cède à la folie la plus pure. Les minutes défilent alors que la personne à l'autre bout du fil demeure la même. Elle tente de calmer ses ardeurs, tente de calmer sa colère, en vain, la colérique lui braille d'avantage dessus.
On ne quitte pas son clan, à moins d'y avoir été forcé. A moins d'être morte. Et se sentant prise au piège, la belle ne décolère pas immédiatement laissant ses pieds rencontrer tabourets et chaises qu'elle pousse de la même façon, éclatant, écartant, tout sur son passage.

Enfin. Un hoquet étouffé se fait entendre. Les larmes ont roulé le long de ses joues marquant ces dernières de deux traînées noires. Elle tente de reprendre un semblant de respiration alors qu'elle fait dos rond, glissant ses mains auprès du téléphone éclaté. Elle glisse ses doigts sur le tactile brisé et observe les minutes de conversation : trente-cinq.
Sa nouvelle crise a duré trente-cinq minutes. Trente-cinq minutes d'exaspération, de tristesse refoulée.

Jackpot.

Elle parvient à clôturer la conversation, refuse tout semblant d'aide et raccrochant, elle se laisse glisser à même le sol au milieu des débris de verre. Sa main se tend vers la table basse renversée et ouvrant l'un des tiroirs, elle en extrait un dossier.

Assise contre le mur, Olimpia glisse le dit dossier sur ses cuisses et parcourt les vagues informations qu'elle a réussit jusque alors à trouver sur le chef de gang adversaire. Les feuilles sont tournées avec hâte. Ses larmes sèchent et peu à peu, elle se prend de fascination pour son enquête. Se penchant légèrement en avant, elle ramasse le cendrier et le semblant de mégot échoué. Elle rallume sa cigarette et tirant dessus, souffle en murmurant pour elle même quelques indications vagues et peu précises. Son regard se plisse légèrement, ses sourcils se froncent alors qu'elle tapotent du bout des doigts son classeur. Semblant réfléchir, elle trace de son index libre le contour du visage du paternel et ponctue :
"Oscar, Oscar... Comment vais-je te rencontrer ?"

D'une main fragile, elle essuie ses joues jusque alors humides et tire vivement sur sa cigarette. Le déclic se fait avec lenteur alors qu'elle se relève. Lissant d'un revers de la main son bas de pyjama, Olimpia emporte avec elle son classeur sous le coude, son téléphone dans une main et éteint son mégot de l'autre dans le cendrier. La blondinette jette le dit classeur sur la table de son salon et parcourant son téléphone, en vient à appeler un membre du clan :
"Oui, encore. Oui. Je sais. Oui, je ne devrais pas crier autant. Tu peux venir m'aider finalement ? On ira faire un tour, après. Merci. A tout de suite."

Rejoignant sa salle de bain, la jeune femme en vient à se démaquiller. Son oubli de la veille transparaît sous ses yeux rougis : ses joues sont marquées, teintées de l'encre noir apposée sur ses cils. L'encre à lèvres a dégouliné sur le pourtour de ses lèvres. Le fard à joue, le fond de teint, a souillé son haut de pyjama d'un blanc jusque alors immaculé.
Machinalement, elle tire ses cheveux en arrière et maintient sa chevelure à l'aide d'une pince. La belle se saisit ensuite de sa brosse à dent, entreprend de nettoyer ses dents. Elle façonne ensuite un chignon strict, qu'elle vient maintenir d'une multitude de pinces. Reprenant son teint, elle s'applique et se pouponne dans des automatismes aberrants. Quittant la salle de bain, elle s'affaire à se préparer. La douce troque sa tenue pour une tenue bien plus strict. Avec joie, la belle en vient à accueillir son allié pour ranger le désordre environnant et ensemble, ils partent...

L'un de mes yeux se ferme. Les bras tendus à l'extrême, le doigt sur la gâchette, j'inspire un bon coup pour stabiliser mes mains tremblantes. J'appui. La balle part et vient se nicher sur la cible. J'arme. Je vise à nouveau. Je retire. Une deuxième balle se fait la malle et percute la silhouette. Derrière les lunettes de protection, je cligne des yeux et entreprend une dernière mise au point. Je répète, machinalement les mimiques apprises jusque alors... Et tire.
Je dépose l'arme en m'assurant que le chargeur est vide. Je passe les lunettes par dessus ma tête et esquisse un sourire en voyant la cible revenir vers moi. A mes côtés, mon allié s'agite et semble me parler. J'en oublie mon casque durant un très court laps de temps. Amusée, je retire le dit casque et désigne d'un index, fier, les trois balles nichées : tête, ventre, épaule.

Jackpot.

Souhaitant prolonger l'entrainement, je fais signe d'éloigner la cible. Un nouveau chargeur m'est amené. Et me défoulant au possible, je fais carton plein dans la tête de mon adversaire imaginaire. Mon allié semble s'être éclipsé à l'extérieur. Probablement est-il sorti fumer une cigarette.  
Et c'est alors qu'une grosse patte vient se poser sur mon épaule. Je braque immédiatement l'arme en la direction de l'inconnu. Un rire nerveux franchit mes lèvres. Abaissant la dite arme avec prudence, me rendant compte de mon imprudence, j'observe l'homme qui me fait face. Il n'est pas inconnu, non.

Il est là. Face à moi. Gardant dans une main l'arme et retirant mon casque de l'autre, j'observe ma cible imaginaire se matérialiser devant moi. Le coeur battant à tout rompre, je sens mon sang ne faire qu'un tour : Oscar.
Oscar Moretti dans toute sa splendeur. En chair et en sang.
Un fin sourire vient se dessiner sur mes lèvres alors que je glisse machinalement mon arme contre ma ceinture. Ah, les vieilles habitudes ont la vie dure.
Gérant du club de tirs ? Malfrat en mal de sensations ? Je retire également mes lunettes de protection et lance gaiement :
"Bonjour. Que puis-je ?"  

L'un de mes sourcils se relève légèrement et mimant l'incompréhension je fais abstraction de tout ce que j'ai appris sur lui. Je fais abstraction de ces traits qui me semblent presque familiers après tant et tant d'enquêtes à son sujet. Désignant d'un vague mouvement du menton les cibles, je laisse mon sourire s'effacer pour murmurer :
"Vous souhaitez vous confronter à ma personne?"

Quelle douce ironie que voilà. Comme si, lui cherchait à se frotter à moi. Alors que je gratte ses bottines depuis quelques mois afin d'obtenir un minimum d'information sur lui. Et si, la cible aujourd'hui, c'était moi ?
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Mon métier : Parrain de clan / Trafiquant d'armes
Côté coeur : En couple avec Shiva et Satan.

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Oscar Moretti
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Re: L'inévitable affront - Pv Oscar
Ven 22 Juin - 15:32 - #


Oscar Moretti & Olimpia Giliberto.

Motel abandonné et insalubre à proximité de Palerme.
Chambre d’exécution n°2.

Désorienté, le jeune homme ne parvient pas à retrouver ses mots. Ses genoux tremblants n’arrivent pas à supporter le poids de son corps déjà mortifié. Je le regarde fléchir devant moi en balbutiant des propos incompréhensibles, ses lèvres teintées d’une écume sanguinolente. Il perçoit la peur que j’aspire comme une ombre hostile dans les bois, une créature tapie dans les tréfonds de la nuit. Une créature enracinée sur son trône qui l’observe de son regard jaune et malade, sa langue s’étirant et claquant tel un fouet à l’intérieur de sa bouche. Un monstre qui lui rappelle que le danger peut vivre au-travers de sa seule présence. Et pourtant, en demeurant assis sur le siège de son destin, j’attends avec patience en lui prêtant une oreille attentive à chacun de ses dires. Je l’invite à exprimer ce qu’il recherche tant à refouler. Même si je commence à prendre mon pied en l’admirant se contorsionner autant qu’un agneau en proie à la terreur devant les crochets de l’abattoir.

« Elle … »

Sa voix comblée de maladresse recommence à couiner avant de s’éteindre immédiatement. Un « Elle » a été prononcée. Une femme, donc. Maligne. Viscérale. Mais plus que cela, une femme aux idéaux encore méconnues a su déstabiliser ce jeune bougre en le trainant dans une ruelle obscure avant de pointer un revolver de calibre 38. Sur sa belle gueule d’ange. Mot après mot, les réponses douloureuses se glissent en-dehors de ses lèvres affaiblies.

« Elle n’a parlé que de vous … »

Un profond soupir jaillit de mon corps. Encore une admiratrice au bord du fanatisme ? Décidément. Durant cette seule semaine, il est la deuxième victime à avoir été kidnappé avant d’être interrogé par la force. Le premier s’est fait attraper à l’intérieur d’un bar avant de subir les mêmes sévices. Après quelques coups dans sa tronche et une menace à l’arme, il s’est senti obligé d’éructer quelques précieuses réponses avant de recracher ses dents. La description est très peu atypique d’ailleurs : une jeune femme blonde dans la trentaine, un regard d’acier aux lueurs profondes et féroces.

Eventuellement un goût prononcé par la luxure.De bien faibles indices. Mais un détail important commence à éveiller mon regard incandescent : tous deux ont été menacés d’un revolver avec le même calibre. Aux yeux de tous, ce n’est qu’une information puérile, une maigre poussière insignifiante se perdant dans les limbes de l’oubli. Mais une nouvelle vague de chaleur commence à insuffler une paranoïa presque maladive. Je ne parviens pas à ignorer ce détail aussi absurde qu’alarmant. Je refuse de croire à une coïncidence. Si seulement le modèle de l’arme pouvait coïncider …

« Une Diavolo. C’était le diable, Padre … »

La main écrasant mon menton, je réfléchis longuement. En partant de ce principe, cette parfaite inconnue me laisse un message très clair en agressant impunément mes hommes. Un message de mort. Un vocabulaire que je parviens à comprendre sans peine car une douce adrénaline commence déjà à enivrer mes sens. La menace est une denrée exquise, semblable à un morceau de chocolat que l’on laisse fondre à l’intérieur de la bouche. Il est vrai que je possède déjà bien trop d’ennemis à mon actif. Les rivaux des autres familles, les autorités policières et juridiques, même la Cosa Nostra elle-même n’approuve pas mes méthodes. Tous ont une dent contre moi. Et pourtant, aucun d’entre eux n’a encore eu l’audace de poser la main sur moi, car je représente pour eux un mal strictement nécessaire. Je suis un « Merces Letifer », un marchand de mort. J’ai donc la réputation de me salir les mains tout en étant brutalement honnête envers et contre tous. Si les autres clans ont une puissance de feu évidente pour protéger leurs investissements, c’est à moi qu’il faut remercier. Par la voie des armes, c’est moi qui entretiens la fragilité de cet équilibre. Que se passerait-il si les Pagliarelli  possédaient soudainement plus d’armes que les Noce, assurant ainsi une puissance de feu tout à fait exemplaire ? Un conflit  de territoires exploserait, assurément. Ce qui permettrait de pénaliser temporairement les activités globales de la Cosa Nostra, et donc de geler l’afflux de nombreux revenus en millions. C’est pourquoi, même si je suis perçu comme le parasite le plus ignoble de la terre …

… je resterai avant tout « l’ami » de tout le monde.

Néanmoins, cette dissidente vient de briser ce principe religieux. Selon le Code, il est prescrit de « respecter les femmes ». Officieusement, chaque parrain peut définir la notion de « respect » comme il l’entend. Lorsque je la rencontrerai enfin, il me paraît donc censé lui dire « bonjour » avant d’exploser brutalement son crâne avec une batte de baseball en aluminium.  Qu’elle soit une simple « outsider » ou une femme affiliée à un clan … Je le saurai bien assez tôt. D’une voix chaude et veloutée, je plante mon regard dans celui du jeune homme et lui adresse ma seule réponse qui nous amène à la conclusion de ce témoignage vulgaire.

« Tu es un bon garçon. »

Aussitôt,mes hommes commencent à l’encercler avec lenteur avant de le battre violemment. Les coups de poings fusent immédiatement et les coups de pieds viennent s’accumuler. Le pauvre homme gesticule en s’époumonant avec grossièreté, ses mains recherchant vainement à se protéger le visage avant de s’écrouler par terre dans l’inconscience. L’ombre de mes hommes disparaît aussitôt, laissant le jeune infortuné au cœur de ses nombreuses souffrances. La punition n’aura duré que quelques minutes. Mais quelle intensité si redoutable ! La Roccella doit garder la tête haute, mes « soldatos » ne peuvent être affaiblis aussi rapidement qu’un chien ou un cheval. Nous appartenons à la race humaine. Notre nature est évidente : Plus tu bats un homme, plus il se tient droit. Ma langue claque au fond de mon palet, marquant une légère irritation dans sa conduite. Encore un seul geste faible de sa part et les choses pourraient rapidement mal tournées. Tout en me levant de mon siège, je déploie les bras afin d’attirer l’attention de mes hommes et femmes de main :

« Je vous donne 24 heures pour avoir un nom, une adresse ou n’importe quelle coordonnée pour trouver cette anarchiste de bas-étage qui n’a autre chose à foutre que de faire justice soi-même. »

« Oui. »

« Bien, boss. »

« Je suis en chemin. »

« Affirmatif. »


**


Le jour suivant, ma présence dans l’une des nombreuses armureries de Palerme a été sollicitée afin de valider une transaction avec l’un de mes contacts à Malte. Nous nous sommes réunis autour d’une table à l’intérieur d’un bureau en toute discrétion, une simple tasse de café à porter de nos lèvres. Mais pendant ces échanges, mon esprit est ailleurs. Cette femme agit comme une tique affamée que l’on souhaiterait arracher en se grattant la peau jusqu’au sang. L’odeur de la poudre brûlée ne suffit plus à tempérer les ardeurs de ma paranoïa. Le visage entièrement vierge de cette femme commence à interrompre mes pensées, pourrissant de sa présence toute la sérénité de ma conscience. Je ne cesse de tenter d’imbriquer les morceaux de ces deux témoignages en sachant qu’il me manque la moitié des pièces. L’évidence se fait : je n’ai absolument rien. Hormis une description rudimentaire et un revolver à faible calibre.

« Padre, je vous remercie pour votre stock. Pour des fusils UAR, il nous suffirait d’obtenir quelques accessoires comme des viseurs holographiques et des chargeurs à plus grande capacité. »

Mes yeux scrutent la fenêtre du bureau qui mène sur le champ de tir. Attentif, j’observe la silhouette d’une jeune femme tirer avec une précision effroyable.  Elle aligne les balles sur les points vitaux de pratiquement chaque cible.

« Excusez-moi un instant. Je dois tirer un coup… »

Une faible connotation sexuelle afin de satisfaire un tout autre désir : celui de prendre mon pied en tirant quelques rafales avec une arme automatique. Rien ne vaut de suivre ce simple exercice afin de se conditionner à mourir. Depuis des années, j’ai cessé de comprendre ce qui peut animer mes adversaires à vouloir autant ma peau. Notre intelligence nous affaiblit et nous pousse à trouver immédiatement des réponses en toutes choses, poussant le raisonnement à faire taire la foi. Je suis conscient que je vais mourir un jour. Attaché et noyé dans une mare de ciment. Une balle dans la nuque par un tireur d’élite. Une lame plantée dans mes poumons par un de mes hommes qui sa loyauté a été rachetée. Pour me libérer de toute cette pression, il faut se tourner irrémédiablement vers la foi.

Et pour cela, il suffit de sauter dans le vide.

D’accepter la chute et le vent qui nous rend si sourd et aveugle. Qui nous propulse dans un monde où tout est déjà terminé avant le commencement de toute chose. Tout comme l’agneau n’éprouve aucune peur quant à sa destinée, à savoir s’il sera remis auprès de son troupeau ou conduit à l’intérieur de l’abattoir.

Je me tiens devant les épaules de cette femme dangereuse qui abat ses cibles avec autant de facilité. Les détonations de son revolver sont si fracassantes qu’il est impossible d’éveiller son attention autrement que de lui poser la main sur elle. Cette parfaite inconnue plante son regard dans le mien avant de me saluer joyeusement. Mon visage radieux s’étire et s’incline faiblement devant elle.

« Mes sincères salutations. Je ne voudrais pas être à la place de votre cible. »

Sous le coup de l’humour, je dévoile la blancheur de mes dents de requin en un large sourire. Les yeux froncés, je la dévisage de la tête aux pieds, sans la moindre pudeur. On peut penser que c'est de la séduction de chien par un connard de misogyne à deux balles, mais ma sainte paranoïa m’invite simplement à vérifier si elle représente un danger potentiel ou non. Ce n’est qu’une mesure de sécurité à savoir si elle possède une lame là où je m'y attends le moins ou le canon d'un autre flingue que je risque d’embrasser de trop près. Lentement, je termine de glisser mon regard sur elle comme une légère caresse avant de pénétrer à l’intérieur de ses iris aussi bleus et envoutants qu’une vague flânant dans l’océan. Elle peut porter les traits d'une femme aussi séduisante qu'innocente, sa présence inspire l'autorité et la destruction envers tous ceux qui osent la regarder de travers. En écoutant sa proposition, je commence à humidifier mes lèvres d’un coup de langue en gardant la tête haute face à son air satisfaisant.

« Tuer l’ennui m’intéresse grandement. »

Un maigre clin d’œil lui est adressé avec un sourire aimable. Lorsque l’ombre du danger commence à rôder, j’admets que je ne suis pas aussi causant qu’un coq sous stimulants. L’assistant s’approche de moi et me remet un casque, des lunettes de protection ainsi que le modèle exact de son revolver. En jetant un œil méticuleux, je laisse mon index se glisser le long du canon.
« Une seule série à 10 mètres de distance. Six balles. Pas de règles. »
Le casque déposé sur la tête, je commence à me positionner sur le stand juste à côté du sien. Alors que nous ajoutons les balles à l’intérieur de la chambre, un détail reste suspendu à mes lèvres.

« C’est une belle pièce que vous avez là … Peu de monde utilise un Manurhin MR 73 ici à Palerme. »

Un revolver de calibre 38. Voilà pourquoi la présence de cette femme m'a autant titillé pendant ma réunion. Et le revolver est d’origine française. Elle fait donc partie de mon stock d’armement que je distribue ici au cœur de cette cité corrompue. Les questions se bousculent alors que ma bouche dévoile un sourire chaleureux. Est-elle une simple voleuse ? Ou est-elle affiliée à un clan ? Et si elle appartient véritablement à un clan, est-elle cette blonde sulfureuse qui recherche à m’attirer dans un traquenard ? Les probabilités sont très faibles car je suis tombé sur elle le premier. Les coïncidences ne fonctionnent pas ainsi. Et pourtant, lorsque nous relevons ensemble le canon de notre arme en visant nos cibles, je constate que sa main ne faiblit jamais. Malgré le recul de l’arme, sa main reste aussi solide et confiante comme si ce revolver l’a suivi pendant pratiquement toute son existence.

Les balles fusent et transpercent impitoyablement nos cibles. Et malgré cela, je commence à comprendre que ce challenge n’est pas réel. Nous sommes en train de bluffer, jetant discrètement un œil sur le côté afin de savoir qui l’un d’entre nous deux perdra son sang-froid le premier. Enfin, en espérant avoir compté correctement, une dernière balle reste dans la chambre de notre arme. Elle possède une faible longueur d’avance. Il suffirait d’une ultime détonation afin de déterminer le vainqueur. Et pourtant, notre bras reste parfaitement immobile, l’arme relevé en direction de la cible. Et aucune détonation n’est prononcée. Que se passe-t-il ? Sommes-nous réellement en train de viser ou serait-ce le doute qui commence à nous déchirer le ventre ?

Je ne compte pas tirer le premier et épuiser toutes mes munitions. Si elle est véritablement ce qu’elle prétend être, soit une parfaite inconnue qui éprouve un amour pour le défi, elle ne recherchera pas à profiter de la situation en se tournant de mon côté avant de pointer soudainement son flingue sur les rides de mon visage, n’est-ce pas ? Non, elle recherchera à me baiser et empocher une victoire ridicule en atteignant la tête de sa cible… Sauf si la soif d’une vengeance devient bien plus forte à cet instant ?

L’atmosphère s’alourdit brutalement, une hostilité grandissante à l’intérieur du champ de tir. Les sens aux aguets, je m’attends à riposter en espérant réveiller mes réflexes à temps…







codage par LaxBilly.

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Re: L'inévitable affront - Pv Oscar
Mar 26 Juin - 21:38 - #

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« Une seule série à 10 mètres de distance. Six balles. Pas de règles. »

Je ne le quitte pas du regard. Fascinée ? Un brin. Dites-moi comment ça marche, pour coincer un malfrat de son ampleur ? Putain. Je me tiens à côté d'un véritable chef de gang. Et je joue, bête, de mon arme alors que je pourrais feindre la surprise, le mauvais tire pour viser son doux faciès. N'a t-il pas clamé un manque de règles de son propre chef ?
Il se positionne juste a côté. Une paroi transparente sépare nos deux corps. Je pourrais contourner, viser un peu plus haut sa gueule, je pourrais...
« C’est une belle pièce que vous avez là … Peu de monde utilise un Manurhin MR 73 ici à Palerme. »

Portant mon regard sur sa personne j'esquisse un sourire à mon tour. Que j'aimerais te faire goûter de mon arme. Enfoncer profondément le canon de mon manurhin entre tes lèvres. Te faire goûter au métal froid et te laisser une traînée de poudre dans ton gosier démonté. Que j'aimerais prendre l'avantage dans des effluves sanguines. Sous les cris perçants des passants aux alentours. Que j'aimerais me laisser aller à la folie la plus pure et maltraiter ce chef de gang, comme lui a maltraité l'un des miens.

Une balle est chargée et je pense à son regard bienveillant qui me fixe, m'aidant à sortir de la baignoire. J'en impose guère, les bras marqués par les débris de verre et les poings ensanglantés. Mais malgré tout, elle demeure à mes côtes et m’entraîne avec paresse au lit.

Une deuxième balle est chargée. Je revois son sourire alors qu'elle passe avec douceur une main dans mes cheveux. Elle dépose un simple baiser, bienveillant, sur mon crâne alors que les larmes silencieuses roulent le long de mes joues.

Une troisième balle est chargée. Je revois, sa mine effrayée le lendemain matin alors qu'elle franchit le seuil de l'appartement. Une main pressée au plus près de son ventre. Je vois le sang s'échapper, s'écouler de sa blessure.

Une quatrième balle est chargée. Je me revois, appeler les pompiers. Sa main fébrile se tendre et m'en empêcher. Je la vois, mon amante, souffler un prénom du bout des lèvres.

Une cinquième balle est chargée. Je ne comprends pas son doux murmure. Les larmes viennent border mes yeux alors que je la vois, presser la plaie de plus belle. J'essaye d'intervenir mais les balles sont multiples et bien placées. Le sang coule abondamment. Bien trop. Sa bouche s'ouvre et elle parvient à souffler en un unique murmure... Oscar Moretti.

Une sixième balle est chargée. Sa bouche reste entre-ouverte en un cri silencieux. Mes bras viennent envelopper son corps. Et je demeure là, à bercer la morte... Alors que son flingue glisse de sa ceinture...
Le clic résonne. Je tiens cette même arme aujourd'hui. Et j'appose, les cinq balles à même la cible. Avec précision, j'inspire et vise. Tirées dans le bassin, je souligne cette zone qui lui a été lentement mortelle. Je souligne cette zone qui l'a maintenu en vie, assez longtemps pour porter un message du clan adverse. Pas assez pour survivre. Et je m'acharne. De mes cinq balles.

Je pourrais, tirer une dernière fois. Je pourrais laisser la balle fuser. Mais lui, a côté, demeure stoïque. Attendant que je tire. Sait-il qui je suis ? Suspicieuse, je lui jette un regard en coin. Il sait qui je suis. Assurément. Tous se connaissent, tous savent qui nous sommes. Dès que nous franchissons le seuil d'une pièce, ils nous attendent au tournant. J'inspire. Et laissant la paranoïa s'éteindre en mon sein, je vise la tête. Mon arme se dépose sur le comptoir en bois et affichant un sourire victorieux, je frotte vivement mes mains entre-elles. Hors de question d'abattre sa cible en lieux saints. Hors de questions de rameuter toutes les personnes aux environs... Du moins, pas maintenant. Je sais mon homme de main non loin. Je le sais armé. S'il attente quoi que ce soit avec cette dernière balle, il récoltera un chargeur complet dans le crâne.

Retirant mon casque ainsi que mes lunettes, j'esquisse un mouvement de recul. D'une main las, je me saisis de mon arme et vérifie le chargeur : vide. Je glisse l'arme dans sa pochette de protection et feignant une bonne éducation et un non port constant de l'arme, je m'éloigne légèrement des deux cibles rapprochées.

J'observe. La finesse avec laquelle il a percuté sa cible. La précision avec laquelle il a visé la bouche, les deux yeux, la tranche du visage de la cible... Les présumés singes de la sagesse en disent long. Très long. Je détache avec difficulté les yeux de la cible et esquisse un pâle sourire. J'ai des envies de meurtre. J'ai envie de lui faire sucer mon flingue. Là, maintenant. TOUT DE SUITE. Au lieu de quoi, j'inspire une bonne goulée d'air et pour me donner du courage, je contourne la maigre paroi qui nous sépare.
Je le dévisage comme tantôt il l'a fait et lance :
"Il me semble bien que vous gagnez l'affront. Vous visiez des zones stratégiques, probablement fatales. Alors... Quel est votre dû ?"

En un sourire satisfait, je viens prendre appui contre la paroi. Je l'observe. Je le dévisage et j'envisage les dernières secondes de la vie de mon amante, face à ce bourreau. Un frisson vient parcourir mon échine. Que j'aimerais le faire boire pour qu'il puisse oublier qui il est. Que j'aimerais récolter ses confidences les plus folles à l'aide d'un dictaphone. Que j'aimerais porter plainte et être justice de mon âme-soeur meurtrie. Que j'aimerais le foutre au trou lui et tous ses enculés de frères. Que j'aimerais... Oui. A pas de louve, j'approche. Douce prédatrice, j'affiche un visage angélique. Persuadée qu'on me donnera le bon dieu sans confession, je frôle sa personne. Mon regard se relève et se plante dans le sien. Proches. Il me suffirait de daigner une lame pour la planter à même son coeur. Toute ma souffrance intérieure serait tue. Tout cesserait. En un mélange de haine et d'adrénaline quelconque, probablement laissée par les balles, je viens me saisir de son visage. Mes doigts viennent s'enfoncer dans la chair ridée de ses joues. Je descelle, au fond de son regard, cette lueur perverse. Il se sait maître du jeu. Il croît mener la danse et pense, surement, faire  face là à une énième catin blonde. Avec une fougue insoupçonné, je le maintiens ainsi. Guère impressionnée, je viens effleurer ses lèvres des miennes. Je ne quitte pas une seule fois son regard. Je donnerais mon âme pour savoir ce qui se trame dans son crâne. Mais au lieu de quoi, j'attaque. Je lui dérobe un baiser passionné. J'y joins de façon folle les ongles au sein de ses joues. Et j'appuie de mes lèvres contre les siennes me frayant un vilain passage. Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis. Prend-moi pour l'une de ses chiennes en mal d'attention. Une de ces groupies attirée par l'adrénaline d'être malmenée par un brigand. Peu à peu mes lèvres se détachent des siennes. Je butine un dernier baiser volé et relâche son visage. Le sang s'écoule très légèrement de ses joues. Je prends une petite moue, presque enfantine. Et silencieuse, je récupère mon arme et tourne les talons.

Sa curiosité doit être piquée à vif. Sa curiosité doit lui ronger les entrailles. Et avec assurance, je hoche la tête en la direction de mon homme de main.
Nous partons... Enfin. Presque. J'ai l'intime certitude qu'il me suivra des yeux. Ce baiser ne trompe pas : il est acide. Il brûle les lèvres de quiconque le partage. Il a le goût délicat de l'amertume.

Je sais quelle bâtisse réduire en cendres afin de mener à bien cette guerre nouvelle. Je sais la voiture non loin. Je sais la fuite possible.

Matriarche dans l'âme, je relève ma main droite en l'air. Et ramenant mes ongles au plus près de ma paume, je mime une ouverture, une explosion. Qu'il me comprenne. Qu'il saisisse l'étendue des dégâts dont je suis capable.
Mon homme extirpe de la voiture un bidon et entreprend de renverser de l'essence au plus près du bâtiment. La discussion semble être utile. Me tournant, je fais face au bâtiment et lance avec une assurance non feinte :
"Tu as cinq secondes pour sortir d'ici."

Mon homme s'active et avec soin, je sors mon arme de sa pochette. Je sors également des balles de la dite pochette et j'en sélectionne trois. Une pour foutre le feu...
"Cinq."

Une pour achever sa personne s'il entreprend de viser en ma direction.
"Quatre."

... Et une toute dernière pour tuer l'un de ses éventuels homme de main.
"Trois."

Un large sourire vient barrer mon visage. Quel meurtre as-tu pu commettre Oscar pour récolter la fureur d'une jolie blondinette ?
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Re: L'inévitable affront - Pv Oscar
Mer 27 Juin - 20:44 - #


Oscar Moretti & Olimpia Giliberto.



Aussi immobiles que des statues de cire, nous laissons la fatigue de notre bras tendu s’accumuler de minute en minute, comme figé pour l’éternité en attendant que le passage du temps puisse ronger notre chair et morceler l’ensemble de nos os. Je refuse de bouger, alors que mes pensées entament leur rodéo habituel à l’intérieur de ma boîte crânienne. Une fine goutte commence à perler le haut de ma tempe. Le doute grossit comme une tumeur infectée. L’attente devient presque insupportable. Mon état devient presque maladif, au point où je souhaite retourner le revolver contre mon propre visage et tirer la dernière balle afin que mon crâne explose et se dévoile comme un précieux nénuphar de chair et de sang. Mais cette fin ne m’est pas destinée. Car soudain, une détonation éclate à mes côtés. Ce n’est pas moi. Non, c’est elle qui vient d’appuyer sur la gâchette avec une fermeté presque glaciale. Jetant un œil au loin, elle vient d’atteindre sa cible avec perfection. Une balle finale entre les deux yeux, de quoi marquer brillamment la conclusion de ce duel. La bouche à moitié ouverte, mes yeux vitreux parviennent difficilement à comprendre ce qu’il se passe. Si elle était véritablement mon ennemie, n’aurait-elle pas retourné son arme contre moi ? N’aurait-elle pas agis sous le coup de l’impulsion comme n’importe quels primates ?

Il y a une heure, mon nez était plongé au cœur d’un investissement juteux. Quelques négociations autour d’une tasse de café aussi mauvais qu’un puissant laxatif. On estime à environ 550 millions d’armes à feu en circulation dans le monde. Autrement dit, un homme sur douze est armé sur cette planète. Et ma seule préoccupation à ce moment-là était de savoir comment armer les onze autres. Et à l’instant, j’ai espéré avoir repéré l’ombre menaçant d’un assassin professionnel venu ôter ma vie. Déglutissant avec difficulté, je la regarde en relevant le visage afin d’essayer de ne pas défaillir devant elle. Pourquoi n’a-t-elle pas dirigé son arme sur moi … ? POURQUOI N’A-T-ELLE PAS JOUE LE JEU ?! La mine morose, mon visage se morfond dans une mélancolie presque instantanément. Refusant de tirer la dernière salve, je désarme le chien avant de lancer le revolver sur le comptoir en bois comme un vulgaire jouet.    

« Je n’aime plus gagner. »

Rien. Je ne retire rien de cette rencontre. Je ne suis pas cet homme qui se masturbe dans son coin à chaque regain de pouvoir. Gagner, perdre, quelle importance dans une vie où je suis voué à mourir … Je ne suis qu’un épicurien qui se noie à l’intérieur de la source de bien des plaisirs. Ma main se relève en espérant atteindre mes nombreux vices, circulant dans un amas d’armements militaires et entre les seins voluptueux de nombreuses demoiselles en manque. Peut-être arriverais-je un jour à savourer le péché ultime, à atteindre le fruit interdit de l’arbre de la Connaissance. Jouir, détruire et diviser dans le seul but de pouvoir mieux dormir la nuit. Dans le fond, je ne suis qu’un sale gosse qui aime toujours autant jouer avec le feu. L’idée de me brûler la main entière est un extase aussi intense que la méthamphétamine ou n’importe quel produit-stimulant. Je suis un addicte à l’adrénaline. Et cette femme ne me donne aucune raison de me shooter dans mon nirvana démesuré.  

Que le ciel l’emporte, elle et sa fine subtilité que je n’ai su déceler.

Et pourtant, je sens la merde arriver comme une tornade d’excréments qui serait capable de remplacer toute la terre du monde par ses déjections organiques. La subtilité dans son approche parvient à culbuter mes principes avec violence. Elle se déplace comme une féline au poil aussi doux que le velours, le visage duveteux et plein de promesses. Mais derrière ce masque, une lueur infime me dit qu’elle ne s’est pas arrêtée ici. Qu’elle vaut bien plus que cela. Je peux à nouveau m’attendre à rencontrer un serpent affamé qui pourrait survivre à mes nombreux coups de talon. Une personne dangereuse est une personne qui n’a rien à perdre. Néanmoins, elle parvient à remplir ce manque incertain que je traine depuis des années. Est-ce le manque du danger ? La solitude d’un homme dégouté par sa routine ? Du plaisir charnel que peut offrir une femme galeuse derrière son masque de bonté ? Ou une occasion parfaite de me combler à nouveau dans le meurtre et ses nombreux vices qui l’accompagnent ? Les questions s’enchainent. Et un puissant baiser vient à ma rencontre.

La respiration coupée, elle écrase sa bouche contre la mienne, se moquant bien si je peux suffoquer ou non par son étreinte. Sa prise est si féroce que je demeure immobile, presque intimidé par l’audace de sa précieuse jeunesse. Ses ongles se mettent à creuser ma peau au-travers de ma barbe grisonnante, lacérant mes joues comme un vautour disgracieux. Instinctivement, mes mains se relèvent en enserrant fermement son tendre fessier avant de remonter jusqu’au bas de son dos. Une infime lueur d’attention m’incite à contrôler ses atouts féminins avant que je flanche pour de bon dans la séduction de cette vilaine succube. Je tente de me contrôler, de rester vigilant et de m’assurer que ses mains restent collées à mon visage comme de puissantes serres. Je n’aimerai pas qu’elle aille chercher une lame ou une quelconque arme pour m’abattre au milieu de ce harcèlement fougueux.

Puis, mes lèvres se décrochent avant de recevoir à nouveau les siennes dans une rencontre plus douce pour marquer un dernier « au revoir ». Les sens enivrés par la caresse, je ne sens même plus les brûlures de mes légères contusions. Elle m’observe et son visage se déforme dans l’innocence avant de tourner les talons. Avec une violence entièrement démesurée, c’est ainsi qu’elle s’est permis d’embrasser le diable en faisant palpiter son vieux cœur afin qu’il puisse retrouver toute l’excitation de sa jeunesse oubliée. Mes poumons se détendent en une profonde expiration. Et je recommence à respirer comme le ferait un nouveau-né : dans la douleur et l’extase. Depuis des années, je fournis toutes les armées, sauf l’Armée du Salut. Je vends des Uzi fabriqués en Israël à des musulmans, des balles communistes à des anciennes factions fascistes. J’ai même livré de l’équipement militaire aux afghans quand ils combattaient certains de mes clients soviétiques. Mais qui aurait pu imaginer un seul instant que, parmi ces adversaires de taille qui m’attendent à l’extérieur de Palerme, se cachait une espèce bien plus rare. Une femme aux yeux si perfides qui m’a attendu patiemment de me rencontrer et de se dévoiler dans la lumière de sa rétribution. Je passe l’extrémité de mon pouce sur la surface de mes lèvres avant d’embrasser mon doigt pour une dernière fois.

Comme si je recherchais à savourer ce baiser qui transpire à nouveau la mort.

Quelle emprise audacieuse de sa part. Et quelle terrible humiliation pour moi. J’aurai dû agir le premier. Relever toute mon attention sur elle afin de pouvoir la lire immédiatement. Mais c’est elle qui a commencé à dévorer mon regard, sympathisant entre des mensonges et des sourires nauséeux. Sa subtilité a été déposée au creux de mes lèvres comme une véritable passion. Je pense que c’est à cet instant où j’ai compris qui était cette femme. La nature de son accolade l’a dévoilé. Et un de mes soldatos, Alberto, vient le confirmer en courant dans ma direction :

« Boss … Ils préparent quelque chose. Ils viennent de sortir un jerrican. »

Les yeux écarquillés, je mords brusquement ma lèvre inférieure avant de propulser mon poing en l’air comme un signe victorieux. Ma voix vocifère d’excitation et de réjouissance, comme si mon équipe favorite venait de remporter la putain de coupe du monde.

« Oooh… Quelle femme, quelle force de la nature ! CAZZO ! »

Au cœur de l’action, l’adrénaline commence à rendre mes pensées nébuleuses. Je suis à nouveau dans le moment présent de cet instant fatal où je risque de tout perdre. Comme la pensée maladive d’un joueur de poker qui ose de mettre ses jetons restants sur le tapis. Ou encore un névrosé adepte de la roulette russe qui n’a plus qu’une chance sur deux de manger le feu et la poudre. Recouvrant le visage d’Alberto de mes mains, je viens embrasser brusquement son front. Les yeux brillants, je le regarde comme un enfant américain de quatre ans qui vient de recevoir son premier fusil de chasse.

« Alberto … Aujourd’hui, c’est un jour merveilleux. »

Mon sourire est aussi sincère que carnassier. Oh non, moi je ne partage pas ce même langage lié à la subtilité. Je ne vais pas exhiber mes muscles afin de chatouiller son désir féminin. Non, je vais lui démontrer l’ampleur de mon noble vocabulaire. Le langage tonitruant de ma famille.

« Amène la Browning M2 à la réception. »

Une lourde mitrailleuse indémodable de calibre 50. pouvant atteindre aisément dans les cinq cents tirs par minute. Le bijou de l’armée belge vient se poser sur le comptoir de la réception. Même si un mur épais dénué de fenêtres nous sépare entre elle et moi, cela ne représente pas un problème. J’espère que les rues piétonnes sont dégagées. Car les balles n’auront aucun mal à transpercer le mur avant d’atteindre tout ce qui peut se trouver à l’extérieur.

« Tu as cinq secondes pour sortir d’ici. »

Quelle garce. Sa voix est à nouveau entonnée avec vigueur. J’ignore entièrement ce dont elle est capable, mais cela ne présage rien de bon. Je ne compte pas la sous-estimer à nouveau. Donc, pour gagner un semblant de temps, j’essaye de partager un brin de causette avec elle en usant d’un ton aussi léger que chaleureux.

« Je connais un merveilleux traiteur non loin de cette banlieue. Ne souhaites-tu pas te joindre à moi ? »

"Cinq."

Ah, tout en haussant les sourcils, elle ne semble pas être enchantée par ma proposition. Ou alors, elle n’a simplement pas d’humour. Tant pis, c’est elle qui perd l’opportunité de découvrir la saveur de mets traditionnels de cette contrée. Le dos contre le mur, je commence à sortir une boîte de cigares d’un geste entièrement décontracté.

« Je me doutais bien que tu n’apprécies pas de jouer selon les règles. »


"Quatre."

Positionné derrière la réception, mon soldato est prêt à déchainer l’enfer sur terre. En face de lui se trouve la paroi de l’armurerie. Il sera dans l’obligation de tirer à l’aveugle. Mais qu’importe s’il parvient à l’atteindre elle, ses hommes et sa voiture. La mitrailleuse dispose de deux cents cartouches par chargeur. Cela sera suffisant pour toucher quelque chose …

« Je voudrai bien me plaindre en affirmant que je suis trop vieux pour ces conneries … Mais ce serait un terrible mensonge, n’est-ce pas ? »

« Trois. »

Je coince le cigare entre mes lèvres avant de l’allumer tranquillement. Grâce à elle, mon quotidien vient de changer rigoureusement. La plupart du temps, La distribution des armes est aussi simple et intuitif que la vente du dernier modèle d’aspirateurs. On passe des coups de fil très brefs en parlant sept langues étrangères, on se fait chier à parcourir des kilomètres avant de passer la commande un sourire aux lèvres et un regard persuasif afin d’entretenir une bonne relation commercial. Malheureusement, elle et ses semblables ne font pas partie de l’équation. Ils doivent donc mourir.

« Deux. »

Tout en expulsant la fumée de mon cigare, j’invite Alberto d’un signe de tête à commencer la guerre qu’elle me supplie de déclencher. Aussitôt, l’arme recrache ses balles meurtrières en direction du mur avant de partir dans le parking de cette banlieue rurale. Les détonations sont assourdissantes. Les trous sur la paroi se multiplient en abondance avant de devenir de grandes cavités. Le mur commence à se désagréger rapidement en se transformant en gruyère. Après trente secondes, le mur s’effondre et le soldato se dévoile avec la mitrailleuse qui continue à tirer de nombreuses rafales. La puissance de feu est effrayante et la cadence de tir expulse les cartouches à chaque demi-seconde sans même surchauffer l’arme. Les douilles commencent à rouler sur le sol avant d’heurter le bout de ma chaussure en cuir. Je n’ose imaginer ces images cauchemardesques qui doivent ressortir de l’extérieur. Des hommes et des femmes effondrés dans une grande mare de sang, des véhicules dévastées par les projectiles ... Enfin, l’arme doit être rechargée. Un sourire aux lèvres, mon soldato semble satisfait de lui. Sans doute a-t-il perforé ces chiens de bas étages, quelque soit le clan dans lequel ils sont affiliés.

Mais contre toute attente, une effroyable explosion retentit et me propulse avec force contre la machine à boissons. La moitié du plafond s’écroule et les murs menacent de retomber dangereusement dans tous les côtés. Le corps en souffrance, je commence à tousser en essayant de rouvrir mes yeux. La vue brouillée, je tente de retrouver difficilement mes repères. Bordel, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Apparemment, elle est parvenue à utiliser le jerrican à bon escient en dévastant l’entrée du bâtiment. Rampant face contre terre, je me démène comme un diable pour sortir des décombres. En chemin, la poussière des ruines retombent et se décomposent sur mes épaules en un millier de particules blanches. Relevant une main sanguinolente, je commence à jurer. Non à cause de ma blessure ouverte, mais bien par rapport à ce cigare ruiné qui ne tient plus qu’à un fil. Bon sang …  Recrachant le mégot à terre, je me relève avec lourdeur avant de me mettre péniblement à couvert. D’une voix haletante, je lui révèle ma position en fredonnant :  

« Mon ange, es-tu toujours en vie ? »

Malgré mon âge, je suis toujours un dur à cuir. Prêt à défendre ma position jusqu’à mon dernier souffle, je ressors de ma veste un pistolet populaire de l’armée israélienne : un Desert Eagle. Suite à l’effondrement de la moitié de l’établissement, une vaste couche de poussière se répand dans l’air. Impossible de déterminer avec exactitude si les ombres que je perçois sont mes hommes, mes adversaires ou des civils. Le costard souillé et déchiré, un large sourire étire tout de même mes lèvres.

« Réfléchis à ma proposition de tout à l’heure. Ce n’est pas très sain de mourir le ventre vide … »

Je quitte ma couverture afin de sortir de l’armurerie et de me mêler à ces ombres en simulant la démarche d’un homme épouvanté et blessé. Mon pistolet camouflé derrière le pan de ma veste, mes yeux tentent de scruter rapidement les alentours afin de pouvoir l'identifier en premier. Oui, je me jette volontairement dans la gueule du loup.

Car cette audace meurtrière fait partie de ma subtilité.





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Re: L'inévitable affront - Pv Oscar
Mer 27 Juin - 22:30 - #

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Re: L'inévitable affront - Pv Oscar
Dim 8 Juil - 23:27 - #


Oscar Moretti & Olimpia Giliberto.

Derrière cette brume incolore à l’odeur de plâtres, je me traîne comme un civil blessé, la main enserrant mon arme à l’intérieur de ma veste déchirée. La densité de la poussière est si forte que ma gorge me brûle, me faisant toussoter occasionnellement comme si je venais de vider entièrement une bouteille de bourbon. Je claudique comme un misérable, les yeux tentant vainement de scruter les profondes ténèbres de ce voile blanc et opaque. Des formes humaines se dessinent et dansent à l’horizon avant de disparaître comme de simples mirages. Je pourrais rapidement la retrouver comme elle pourrait m’identifier le premier avant de me coller une belle prune. Nous sommes en chasse alors que nous évitons de nous préoccuper des estropiés et de certains cadavres sanglants qui jonchent le beau sentier rural de la Banlieue. Nous nous déplaçons et agissons comme l’ombre de la faucheuse, suivant les nobles principes qui nous appartiennent avant de nous soumettre à la conduite de la Cosa Nostra. Notre danse est aussi belle que mortelle.
Emouvante de vulnérabilité et de m’en-foutisme. Soudain, la voix de mon Nemesis commence à retentir non loin de moi, vociférant avec exaspération la raison de sa présence. Elle dit vrai. J’ai toisé ce visage jeune et admirablement bien maquillé aux lèvres pulpeuses et au regard charmeur. Puis, une balle de 9mm a transpercé son bassin. Aussitôt, ses yeux qui ont transcendé mon existence ont commencé à s’assombrir comme une floraison perdue au moment où j’ai appuyé sur la gâchette. Toute lueur d’espoir s’est perdue et le silence a gouverné sa bouche, laissant toute la liberté à la mort de tambouriner à sa porte. Mais la blessure était superficielle. Et bien pire que cela, cet acte a été orchestré de toute pièce.

Cependant, le raisonnement qu’elle semble édicter vient prendre des libertés prodigieuses. Selon elle, je lui ai tiré dessus par un geste purement gratuit dans le seul but de transmettre un message aux Capaci. Et c’est par la conclusion de cette histoire qu’elle recherche à assouvir sa « Vendetta » personnelle en recherchant à m’éliminer sans même vouloir écouter son potentiel agresseur. Je suis un meurtrier et un monstre indésirable de notre espèce. Mais j’ai également la réputation d’être un grand fervent du code de notre très chère famille. Si Serena a gardé une de mes balles dans sa peau, ce n’était pas un acte gratuit et égoïste comme elle l’entend. Ce n’était pas non plus selon ma seule volonté. J’ai agis sur un ordre bien plus supérieur qu’en suivant mes nobles principes.

Je me demande quelle serait sa réaction si elle savait que la Cosa Nostra a commandité cette mise en garde contre sa bien-aimée ?

Les affaires, rien que les affaires. M’abattre de sang-froid serait donc une grossière erreur. Mais elle ne consentirait jamais à m’écouter, cette comtesse obsédée par la rage et la soif intarissable de vengeance. Je la comprends au moment même où elle plante le canon de son flingue contre ma tempe avant de s’égosiller comme une sorcière possédée, m’intimant de relâcher mon arme avant de mourir comme n’importe quel homme désarmé. Mais je ne suis pas n’importe quel homme. Et c’est en propulsant ma tête en arrière en heurtant son visage qu’elle vient de l’apprendre à ses dépens. La nuque endolorie, je tente de faire taire la douleur avant de me retourner pour essayer de l’apercevoir. Il n’a fallu qu’une seule seconde et une grande morsure sur le mollet pour me rendre compte qu’elle était tombée à terre depuis ce maigre moment. Les dents serrées, j’étouffe un hurlement avant de me débattre en pointant le canon de mon arme sur elle. Une détonation éclate et la balle rencontre le sol de plein fouet. Claudiquant sur place, elle se relève pour me confronter de face alors que je relève mon pistolet sur elle. Aussi immobile qu’un mauvais présage, elle se tient devant moi, le nez écrasé et ses lèvres recrachant de longs filaments rougeâtres. Elle recherche à me narguer comme je l’ai fait précédemment, son revolver braqué à son tour dans ma direction. Or, mon invitation était une demande sérieuse constellée de petites notes de courtoisie. Mais elle refuse de l’entendre ainsi.

Le mollet désormais gonflé, je peux imaginer sans peine les marques de ses dents contre ma chair. Foutue diva qui se prend pour un zombie en cette ère si contemporaine… Alors qu’elle me transmet ses menaces comme de belles lettres d’amour, je rétorque avec froideur la seule chose qui me vient à l’esprit.

« Tu m’excuseras, je n’apprécie que les mets les plus raffinés. »

Il est difficile de préserver son sang-froid dans une situation aussi apocalyptique. Dans le fond, peut-être ne souhaite-elle pas me tuer aussi rapidement que je l’aurai cru. Peut-être ne souhaite-elle pas me tuer du tout. Ce qu’elle désire voir disparaître en revanche, c’est bien ses nombreuses pensées qui ne cessent de la torturer de jour comme de nuit. Lorsqu’on s’épuise à rechercher les véritables réponses, on en vient à imaginer toute la vérité en l’espace de quelques minutes. Il est donc plus facile de défier le diable lorsque celui-ci possède un visage. Et elle a décidé que je suis le bourreau depuis le début, alors que je n’ai été qu’un homme de main. La Cosa Nostra a peut-être prévu le coup en espérant que je sois éliminé par cette séraphine de la mort, libérant ainsi ma place en justifiant cela comme un bête « conflit de famille ». Mais malgré mes souffrances et mon lot d’incertitude, mon sourire charmeur ne parvient pas à disparaître de mon visage. Un sourire aussi optimiste que mauvais, comme si ma vie n’était qu’une chose insignifiante dans ce gros bordel familial.

« Discuter … Tu crois réellement à ton mensonge ? Ne me raconte plus que tu es innocente. Tu insultes mon intelligence et ça me rend de mauvaise humeur. »

Elle a souhaité déclencher les prémices d’une guerre contre un parrain. Malheureusement pour elle, cela ne fonctionne pas ainsi. Nous sommes déjà supérieurs aux simples mortels qui habitent cette cité. Nous pouvons revendiquer notre droit légitime d’être au-dessus des lois en arborant l’emblème de notre clan, Capaci ou Roccella. Mais nous avons tous deux un doyen qui lorgne au-dessus de notre épaule comme le serpent du jardin d’Eden, prêt à nous freiner en nous imposant ses valeurs et ses mœurs. Gare à la personne qui pourrait outrepasser cette limite. Car la Cosa Nostra ne pardonne pas facilement celles et ceux qui ne respectent pas le code.

« Depuis le début, tu es dans le mauvais camp. Tu es une animale que l’on a remis à l’état sauvage, loin de l’enclos protecteur de la Cosa Nostra. »

Elle peut me cracher que je suis la représentation de tout ce qu’elle peut haïr. Que je suis le responsable de l’effondrement général des valeurs humaines et de l’ordre du monde. Le père des génocides. Mais dans le fond, je suis un mal nécessaire. Les clans voisins ont besoin de mes services et de ma discipline. Qu’est-ce qui se passerait si le siège deviendrait subitement vide ? Perte massive de profits, des pertes de contacts disséminés sur le terrain pour la récolte et la distribution, mais surtout des armes en liberté et sans surveillance autant à Palerme qu’à l’étranger. En clair, cet acte serait considéré comme un acte de guerre sans rémission. La Cosa Nostra recherchera à l’exécuter, voire même à réinstaurer une nouvelle politique dans l’organisation des Capaci. Ils seraient surveillés et considérés comme des brebis productives, absent de tout pouvoir et de toutes décisions jusqu’au jour où ils parviendront à récupérer leur honneur.

En un mot, une balle perdue sur moi et son clan s’effondre avec elle.

Mais bien qu’elle puisse agir comme une imbécile dangereuse et imprévisible, elle demeure intelligente et tenace. Jamais je n’ai rencontré de femme qui avait un mordant aussi solide, aussi bien littéralement que symboliquement. En l’espace d’une heure, elle a entamé une opération si explosive que cela m’a rappelé inévitablement les moments les plus violents de ma jeunesse. Il est navrant d’imaginer que son corps inerte dormira bientôt avec les poissons de l’océan …

L’intervention des autorités approche, leurs sirènes rugissant à quelques kilomètres de notre position. Et comme des bêtes pourchassées par un prédateur bien plus gros, nos armes se baissent et notre regard semble communiquer une trêve encore très loin d’être durable. Je la regarde se précipiter en direction d’une trappe qui se situe au plafond de l’armurerie. Le timing est serré. Jetant un regard aux alentours, il est effectivement difficile de prendre un véhicule pour se tirer d’ici.

« Bouge ton cul. »

A mon tour, je pose le pied sur la première marche de l’échelle avant de monter sous le regard indécis de l’avocate. Sa morsure profondément ancrée sur ma jambe reste toujours douloureuse, mais je pense que je pourrais détaler comme un lièvre si la situation venait à se présenter. Désormais traqué par une milice bien plus pénible que la nôtre, il faudra commencer à se supporter l’un envers l’autre. Et surtout parvenir à faire taire nos ardeurs, même avec de l’essence. Alors que nous nous déplaçons jusqu’au toit, nos armes sont toujours braquées comme si nous ne parvenions pas à mettre un terme à ce duel précaire. Je l’observe prendre de la distance en restant à côté de l’extrémité du toit. Attention à la hauteur … Une mauvaise chute ne serait pas mortelle, mais elle pourrait être capable de disloquer une cheville si la réception au sol se fait abruptement. D’un œil attentif, elle semble calculer la distance qui nous sépare de la prochaine maison. Elle semble vouloir s’armer de courage avant d’effectuer le grand saut. Mais je ne suis pas friand de cette idée de jouer les ninjas des bas-fonds. Alors, je l’annonce avec mes propres mots. Voire, en relevant le canon de mon arme en l’air avant d’appuyer sur la détente. La puissante détonation est assourdissante, indiquant notre position actuelle aux quatre patrouilles qui viennent d’arriver. Les agents de police ressortent en trombe avant de se réfugier derrière la porte ouverte de leur voiture.

« A propos de ce traiteur dont je t’ai parlé… »

Mon instinct suicidaire est en train de me piquer vivement le lobe de mon cortex cérébral. C’est vrai. Même en me murant derrière la plus haute palissade de ma patience, moi aussi j’ai décidé de la faire diablement chier en me foutant dans la merde comme un gosse souhaiterait mettre la tête de sa petite sœur dans le micro-onde. Notre situation devient critique. Mais rien ne peut dépasser le seuil critique de mon estomac qui recommence à gronder et à me supplier de ne pas crever inutilement le ventre vide.

« … tu devrais vraiment goûter les tagliatelles au homard. Un mélange un brin traditionnel, mais d’une saveur si relevée et indescriptible. »


« Levez vos mains et identifiez-vous ! »

Combien de fois ais-je entendu cet ordre venant des fédéraux sans même prendre le temps de l’écouter pour la première fois ? Nous sommes à présent maintenus par les rouages d’un piège qui se referme lentement sur nous. Et ça, ça me plaît. Car il me tarde de voir comment elle peut réagir dans une situation de stress comme celle-ci où sa petite vendetta bien discrète va peut-être prendre place sous les projecteurs des médias, et donc visible au-travers de sa propre famille. Mais au bout d’une longue minute, ma conscience décide d’entamer le pas. Un meurtre sous le regard éveillé des fédéraux, ce n’est jamais une chose intelligente à reproduire. Je baisse donc mon arme avant de la ranger à l’intérieur de ma veste, intimant à cette gamine impulsive à suivre mon geste.

« Et dire que tu souhaites me refroidir depuis le début juste pour Serena … Je me sens un peu plus en paix maintenant. »

« Dernière sommation ! Rendez-vous, vous êtes cernés ! »


J’espère au moins que si elle compte riposter contre les flics, elle doit avoir l’esprit de les obliger à tenir leur position sans pour autant les tuer. Un macchabé à l’uniforme bleu, c’est sale et très mauvais pour le business. Tout en marchant dans sa direction à la vue des fédéraux qui risquent à tout moment de nous tirer dessus, mon corps se heurte contre le sien dans un enlacement aussi tendre qu’embarrassant. Le visage plongé dans les mèches de ses cheveux, je hume longuement son parfum avant de répliquer en un long murmure :

« Raphaël Fidanzati ne t’a donc rien dit. C’est habile de sa part, même si ça vient de lui péter à la gueule juste aujourd’hui. Réfléchis bien à l’homme que tu souhaites abattre le premier... Car moi, je ne me mure pas derrière les mensonges. »





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