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 L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)

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L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Lun 11 Juin - 19:59 - #

L'envers du
décor
Un matin comme les autres. Levé, café, cigarette, jus de fruit et toilette. Rafraîchie par la couche, j'arrangeais mes cheveux alors que la serviette entourait ma poitrine jusqu'à retomber sur le dessus de mes genoux. Les boucles mouillées laissaient échapper des sillons d'eau alors que je les brossais. Des coups répétitifs qui se firent de plus en plus lent. Jusqu'à cesser. Je comptais. J'ignorais quoi... les secondes ? Je ne parvenais pas à savoir pourquoi ni à m'en empêcher. Mon regard fixait le mouvement frêle de mes lèvres qui mimaient les nombres. 3721. Combien de temps s'était écoulé ? Mes cheveux séchaient d'eux-mêmes et je m'énervais silencieusement. Les joues rouges de colère et de honte.

Ces absences, ces blocages... Je n'arrivais ni à penser ni à bouger. Une obsession naissant de rien mélange peur et anxiété. Paralysée comme si je me retrouvais emprisonnée par ma conscience. Mes yeux se gorgeaient d'eau et des larmes perlaient par intermittence. Mes mains accrochées au lavabo, je me battais contre moi-même pour me détacher de cette prison invisible.

J'avais bien dépassé d'une heure le delta que je m'accordais avant d'arriver au travail. À ce stade-là, on ne parlait plus de retard... Mon patron allait me demander des explications et comme toutes ces fois où je me retrouve nigaude à bloquer sur des gestes simples, je ne parviendrai pas à me justifier. D'ordinaire je peinais à la fermer, n'acceptant pas que l'on me marche sur les pieds, clamant mes idées haut et fort. Un audace tantôt pris pour de la bravoure, tantôt pour de l'insolence. Dans le cadre de mon travail, ça m'avait aidé à obtenir une place, couvrant les lacunes que j'avais dû à la falsification de mon cv. Embauchée sur de faux diplômes. Mais de savoir s'imposer, ça permettait d'ouvrir bien des portes. Le coup de pouce d'Oscar avait suffit à me placer et ma persévérance à mériter cette place. Penser à lui n'arrangeait pas ma situation. Bien au contraire, j'en devenais encore plus nerveuse... 3788.

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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Lun 11 Juin - 20:25 - #


Oscar Morietti & Irime Skoden.

Dans mes songes, je me retrouve assis au bord de la mer. Un soleil brillant commence à se coucher à l’horizon, ses lueurs teintées d’orange se reflétant dans les cieux. Mes sens en éveil, je parviens à entendre le chant des goélands et le parfum acerbe des varechs. Je me laisse bercer dans un état de paix, mes pieds chatouillant la surface de l’eau. La première vague se repose à mes côtés, silencieuse. La seconde s’abat au loin, tel l’éclat brillant d’une majestueuse cascade, avant de caresser mes orteils comme une fine écume de sel. Puis, la troisième se manifeste avec plus de paresse, déversant l’ensemble de sa fraîcheur sur ma peau. L’eau est belle et pure. L'horizon est cristallin et lisse.

Aucun voile ne vient. Aucun bateau ne glisse.

« Monsieur M., vous êtes toujours là ? »

Le téléphone près de l’oreille, mes yeux s’ouvrent à nouveau, mettant un terme aux paisibles rivages de mon palais mental. Mon contact en Syrie commence à s’inquiéter de mon silence religieux et attend toujours ma réponse. Tout en relevant mon visage, je conclue ainsi ma courte méditation, respirant longuement en alimentant mes poumons de cette énergie spirituelle. Le cerveau en ébullition, je lui réponds d’une voix sereine en faisant claquer ma langue au fond de ma bouche :

« Renégocie contre quarante caisses supplémentaires de roses et vingt d’orchidées. Ensuite, valide la transaction. »


Il est l’heure de renverser un dictateur syrien. Un nouvel arrivage d’armes de qualité sera renvoyé dans quelques jours en Afrique du Nord par la voie de la mer. Mon unité sur le terrain se chargera de la distribution afin que les rebelles puissent avoir une puissance de feu nécessaire en assiégeant un de nouveaux territoires. Avec un peu de chance, les forces de la partie adverse diminueront et un appel qui m’est destiné sera effectué dans les prochains mois afin de riposter contre ces nouvelles attaques. L’offre et la demande est un équilibre subtil où le victorieux n’a pas sa place dans l’équation. Le conflit va perdurer encore quelques temps car je suis en train de jeter de l’essence dans le feu purificateur de leur grande colère. Ereinté et déshumanisé, il n’est pas aisé pour ces combattants de la liberté de se terrer jour pour jour dans l’ombre d’une grande vallée rocailleuse où l’eau et une présence féminine viennent tous deux à manquer. Il est donc facile de soudoyer l’autorité compétente du camp contre quelques billets. Entre le tabac, l’alcool et le sexe, les plaisirs de la vie sont diverses et permettent d’accueillir un peu de douceur dans leur quotidien désastreux. Je lève mon verre à cette lutte glorieuse au nom de la liberté, car je suis le seul à en récolter les lauriers.

« Je … Il y a un problème Monsieur. Irime n’est pas présente. »

Tout en soupirant, ma mâchoire se contracte nerveusement avant d’esquisser un léger sourire inquiétant. Ma douce Irime. Je pense que je commence à te connaître. Tu es à nouveau en train de traverser le gouffre abyssal des enfers de ton petit monde, meurtrie par un passé lourd de conséquences. Mais avec une détermination que tu pensais avoir abandonné, tu as pu ressortir de ton atroce purgatoire pendant un temps. Tu ne t’aies pas contenté de t’y échapper. Non, tu as pris du plaisir à voir les fondations de ta prison se décomposer sous tes yeux. De contempler l’agonie de l’homme perverti qui a accordé autant de violence sur ton corps comme sur ton esprit. Tu es venue te réfugier à l’ombre de ma royauté. Ton véritable visage a été mis à nu et ton regard incandescent s’est révélé être un brillant message. Tu es une force de la nature.

Une guerrière infâme puisant dans le sang des péchés de cette cité italienne.

Mais tu ne le sais pas encore. Il me tarde donc mieux te connaître. Il me tarde aussi de punir cruellement ton affront. Car tu es si proche de ruiner un investissement majeur de mon réseau. Et ton absence commence à dévorer ma chair comme une tique affamée que l’on souhaiterait arracher en se grattant la peau jusqu’au sang.  

« Je sais. »

Ma voix est aussi douce et transparente que l’écoulement paisible d’un ruisseau. Depuis le début, je me tiens en face de la porte de la chambre 321 où loge actuellement Irime. Oh oui, je commence à connaître cette femme… Le dos redressé et le visage paisible, je retire enfin le téléphone de mon oreille avant de l’éteindre. En relevant un poing endurci, je frappe à la porte avant d’attendre sagement que l’on vienne m’ouvrir. Après un moment, la poignée commence à bouger et son visage aux traits fins commence à se dévoiler par l’entrebâillement. Ses longs cheveux encore humides continuent de s’écouler goutte après goutte, serpentant le long de ses épaules. Un linge en soie la recouvre en masquant entièrement sa nudité.

« Irime… »


Un sourire éclatant anime mon visage. Or, ma présence est chargée de menaces, une aura de mort planant au-dessus de mes larges épaules. Mes bras robustes s’ouvrent solennellement dans sa direction comme une invitation à nous enlacer avec tendresse. Puis, sans une once de colère ni de chagrin, je lui décris simplement l’inévitable d’une voix transparente :

« Je peux entrer ? »




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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Lun 11 Juin - 20:35 - #

L'envers du
décor
Le compte n'en finissait pas. Ce visage dans la glace m'absorbait autant que les nombres qui défilaient. Mon angoisse montait à mesure que le temps filait tel un pendule. Une ritournelle qui me chassait, me hantait, m'envahissait. Je voulais m'en détacher, garder le contrôle. Ça me coûter. Dieu que ça me coûtait... Mes lèvres tremblaient et ma mâchoire se crispait. J'expirais un cri torturé par ces tourments qui me possédaient, cette envie de me détacher de ce miroir sans le pouvoir. Un cri sans crier. Mes phalanges blanchissaient à la pression que j'exerçais contre la faïence immaculée.

On frappait à la porte. Je n'arrivais même plus à ciller... comment arriverai-je à faire le moindre pas ? Bon sang ! Je ne pouvais pas rester la proie de ces méandres... l'immobilité et la torpeur me donnaient de voir des choses. Des choses que jamais je ne pourrais oublier. Ni ma conscience, ni mon être. Ce visage que je voulais écorcher et décimer. Je concentrai ce que j'avais de rancœur et d'horreur pour ces traits abjectes desquels se recouvrait le diable pour briser ce miroir dans lequel je m'étais perdue. Il fallut une fraction de seconde, un élan instinctif et impulsif. Ma main droite se détacha et mon poing se serra pour se diriger avec hargne contre la glace. Mes yeux s'en détachèrent et je retrouvai mon souffle, haletant comme si je venais de passer tout ce temps à courir comme une dérater. À fuir ces prédateurs... Les jointures de mes doigts étaient recouvertes du miasme écarlate. Regardant ma main, je remarquai que je tremblais d'une adrénaline causée par cette crise.

On avait frappé. Quelques secondes pour reprendre mes esprits, tenter d'essuyer mes joues d'un revers de la main sans prêter attention à la façon dont j'étais vêtue. Je m'étais dirigée vers la porte, sonnée par cette absence consciente. Ma main se posa sur la clenche et l'abaissa avec lenteur. D'abord quelques centimètres pour apercevoir qui se présentait à moi. Puis en grand lorsqu'un frisson me traversa à la vue de mon invité. Je ne savais pas où me mettre... figée face à lui avec des lèvres incapables d'articuler le moindre mot. La moindre salutation ou excuse. Mes yeux rouges et mes traits sollicités appuyaient le trouble dans lequel je me trouvais. Ce n'était pas la première fois que je laissais mes obsessions me dominer. Ce ne serait pas la première fois qu'Oscar tenterait de me donner des armes pour me battre contre elles. Ses bras s'ouvrent mais je ne parviens pas à les rejoindre, encore sous le choc comme catatonique. Si j'avais bien besoin que l'on vienne me soutenir et m'empêche d'avoir cette sensation vertigineuse d'être au bord d'un précipice, je ne pouvais pas l'admettre... Pas devant lui.

Le regard encore floué par la colère, je me concentre sur ses lèvres pour comprendre ce qu'il me dit. Refermant mes lèvres, resserrant la serviette qui me couvrait, j'essayais de dissimuler ma main écorchée par le verre. Je déglutis et hochai la tête en me décalant pour le laisser entrer. Une fois qu'il fut passé, je rabattis la porte et la ferma avec son loquet. Je me tournai vers lui sans le regarder. Ce matin, je n'étais pas sortie. Je n'étais pas allée travailler. Une erreur sur une part de notre accord. Je devrais inévitablement en faire les frais et espérer que ça ne se reproduise plus jamais. Espérer... je m'en remettais à des notions encore vagues comme si l'assurance me manquait. Comme si une clé me manquait. « Désolée M., j'ai eu un... empêchement », articulai-je difficilement entre mes lèvres. Les excuses ne servaient à rien, mais je n'avais rien d'autre à dire. À choisir entre le silence et un signe de vie, j'avais choisi le signe de vie. Un ton froid et sévère qui ne s'adressait qu'à moi-même. Si je m'étais libérée de cette hypnose, je n'étais pas lestée de cette anxiété et de cette rage qui me parcouraient l'âme.

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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Mar 12 Juin - 10:51 - #


Oscar Morietti & Irime Skoden.

La vie humaine commence de l'autre côté du désespoir. Le sourire toujours figé, mes bras redescendent doucement le long de mon corps. Ma patience commence à s’estomper comme la vitalité de tout un peuple devant les morsures de la Syphilis. Mes yeux roulent lentement sur cette main qui recherche à se faire discrète avant de se poser sur l’albanaise en proie à l’incertitude. Mon regard de prédateur recherche à connaître les rouages de son âme. Et pourtant, son visage accablé par la douleur ne parvient qu’à éructer maladroitement une réponse décevante. Une excuse aussi calamiteuse qu’une jeune élève de maternel qui aurait oublié de remplir son exercice au risque de subir un blâme vulgaire. Une rédaction de cent lignes à faire pour demain. Mais ici, le châtiment est d’une autre envergure. La Roccella ne pardonne pas les faibles. Et sa profonde léthargie semble avoir étouffé mon enseignement à ce sujet.

Sans prononcer un seul mot, je pose un premier pas dans sa vénérable « demeure ». Et lorsque la porte se referme derrière nous, elle se retrouve emprisonnée dans le jardin hostile de ma présence. L’atmosphère devenue lourde semble se figer comme le tableau d’une nature morte. Ici, rien ne vit. Rien ne meurt. Tout espoir commence déjà à disparaître. Tout en m’approchant d’une étagère, je la délaisse dans le néant obscur de ce long moment. Je prends le temps de visiter et d’explorer sa chambre d’un œil intéressé. Je découvre d’un œil inquisiteur ses vêtements et ses affaires personnelles sans la moindre retenue. Pas de photos d’elle, hormis un cadre vierge avec une bordure boisée déposée sur la commode. Peut-être appartient-il à l’hôtel … Peu importe. Intrigué, je me baisse calmement afin de le ramasser. Tout en inspectant l’objet sans valeur, une envie presque folle commence à enserrer mon cœur. Je souhaite éventrer cette femme à plusieurs reprises avant de pousser mes doigts à l’intérieur de ses plaies déformées, mes ongles creusant et grattant la surface de ses os comme le ferait un porc dans ses ordures. Je souhaite que mes pieds puissent rencontrer à nouveau un sol écarlate en se glissant à l’intérieur de ses entrailles et de ses tendons déchirées.

Je souhaite détruire quelque chose de beau.

Le regard euphorique, une goutte de sueur commence à perler le long de ma tempe. En imaginant ces pensées obscènes je me rends compte que ma langue est en train de caresser ma lèvre supérieure avec une sensualité certaine. Déposant brusquement le cadre sur la commode, je me tourne dans sa direction en la confrontant directement de face.

« Tu me fais mal, tu sais … »

Ma voix reste pourtant paisible. Glacial et implacable. Inutile de justifier tout cela en italien, le langage corporel est universel. Et malgré sa grande sensibilité maladive, elle reste une femme suffisamment intelligente pour percevoir l’étincelle qui commence à briller dans mon regard. Enfin, je commence à inspirer longuement afin de ne pas me laisser conduire par mes pulsions meurtrières. Je dois trouver un moyen de dépasser le terrible cauchemar qui sommeille en elle en faisant germer les graines de sa propre paix. Car c’est ainsi qu’elle trouvera le chemin qui la conduira à la béatitude. A la contemplation de sa propre force divine. A la beauté éternelle d’une véritable femme.

« Demain, peut-être serai-je pour toi un persécuteur. Un diable. Un professeur. Un père. »

Demain. Car oui, il y en aura un. Cela signifie abruptement que je n’éprouve aucun désir à l’éliminer pour le moment. En revanche, cela amène peut-être cette idée que je vais lui administrer un châtiment si douloureux qu’elle me suppliera elle-même de l’achever … Mais je ne souhaite pas éveiller davantage l’horreur de cette situation. Mon tempérament calme et réfléchi commence à revenir, renforçant le doute à la place d’une réponse claire quant à son sinistre destin. Aujourd’hui, je suis son bourreau. Mais le lendemain, ce sera à elle de définir ce que je serais à ses yeux. Je suis conscient que sa main est blessée. Une main infectée est une main inutilisable. Je m’occuperai de panser ses plaies plus tard. Tout en m’asseyant à l’extrémité du lit, je l’invite à me rejoindre en tapotant de la main la couverture déjà dépliée.

« Viens, prends place à mes côtés. »

Le visage éveillé, je prends plaisir à la regarder. Non comme un connard de chien misogyne qui délaisserait une langue pendante devant sa beauté féminine. Je l’admire comme personne ne l’a jamais admiré auparavant : j’observe ce qu’elle est. Sans jugement, ni pudeur. Ses yeux envoutants recherchant à m’ignorer. Jadis, les larmes et la sueur des hommes ont été les maîtres de sa vie. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Aujourd’hui, je compte laver ses péchés. Je porte sur mes épaules l’emblème du changement. Le symbole de la liberté tant redouté. Cette liberté d’esprit, cette "renaissance" forcée, je vais la lui offrir… Ou je continuerai à rompre son esprit jusqu’à y arriver.

« A l’intérieur de ma veste, j’ai quelque chose de très précieux pour toi. Quelque chose qui te permettra de voyager dans les plaines d’un nouveau monde. »

Quelques grammes de cocaïne ? Un petit sachet d’ecstasy ? Un autre stimulant ? Non, quelque chose de bien plus innovant. De plus dangereux et irréversible. Dans cette invitation pourtant ouverte, je ne lui laisse aucunement le choix. Le regard sombre, ma main se referme affectueusement dans la sienne, laissant ainsi la chaleur et la vie se propager dans ce si petit geste. Je lui partage un sourire à la fois rassurant et inquiétant.

« Tu es d’accord de te shooter, Irime ? »

Question piège ?


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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Mar 12 Juin - 12:42 - #

L'envers du
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Plus qu'une déception : un mal. Son silence avait autant de poids que mes absences. Une torture dans le calme où en plus de me flageller à ne pas avoir repris le contrôle assez vite, je causais du tord à Oscar. La frustration et la colère érigeaient ma propre potence. Sombre exaspération annihilant mes espoirs. Un pas en avant et deux pas en arrière. Le pire dans tout ce théâtre absurde, c'était d'en avoir conscience...

Le rôdeur scrutait l'antre qu'il m'avait sculptée tel un roi dans son royaume. Chambre aussi impersonnelle que je me sentais vide. Rassembler les morceaux, se reconstruire, ce n'était pas l'affaire de quelques mois mais bien des années. Alternant entre présence et cauchemars. Espoir et fatalisme. Je restais à distance, suivant ses pas du regard. Me risquant à vouloir lire son visage. J'avais beau être inquiétée par cette lueur que je percevais, je ne pouvais nier l'admirer et la convoiter. Cette étincelle que je lui enviais... Ma respiration s'était faite plus régulière, plus longue. Ses mots n'étaient pourtant pas rassurants le moins du monde. Pour demain, comme chaque jour, il serait un peu de tout ce qui était énoncé. Si la raison me disait de le fuir face aux appréhensions qu'il inspirait, je ne parvenais à me détacher de cette attraction qu'il exerçait sur moi. Un magnétisme dont il devait lui-même être victime. Comme si un fil d'Ariane nous retenait l'un à l'autre. Si j'étais le point de départ, il en était celui d'arrivée.

Son regard se pose sur moi comme une sonde analysant chacun de mes traits, chacune de mes courbes. Ce pourrait être terrifiant, provoquer cette angoisse et cette peur panique d'un retour en arrière. Mais en vérité, le regard d'Oscar je l'acceptais comme un artiste observant sa toile. Il savait de moi tout ce qui pouvait y avoir à connaître : mes origines, la violence d'un père et l'absence d'une mère, cette errance qui m'avait jetée dans les bras de ces monstres qui m'ont droguée et prostituée, puis Palerme.

Une invitation que je suis de pas lents. Le vermeil avait déjà teint la serviette blanchâtre. Ma main droite restait dissimulée avec de plus en plus de mal. Quand bien même Oscar ait pu déjà le notifier, je ne voulais pas exposer ma faiblesse ouvertement. En tout cas pas celles que je pouvais masquer ou garder hors de sa portée. Assise à sa droite, mon regard fuyait toujours le sien jusqu'à ce qu'il se targue de détenir quelque chose pouvant m'être précieux, m'ouvrant les portes vers un autre monde. Je cillai, ne comprenant pas de suite où Oscar voulait en venir. Sa main enveloppant la mien après cette annonce tissa un frisson sur ma chair. Avec un sourire pour lequel j'accorderai ma confiance, il me proposait de me shooter. Mon cœur manqua un battement. Lui qui avait investi dans ma cure ne pouvait pas décemment m'ouvrir cette fenêtre. Surtout pas dans ces moments où le trouble savait si bien m'envahir et me dominer.

Mes yeux se braquèrent sur sa poche alors que mes incisives se plantaient dans ma lèvre inférieure. C'était un piège dont j'étais assez forte pour me défaire. Même si ce serait mentir que d'affirmer qu'à quelques minutes auparavant je n'aurais pas sauté sur l'occasion. Ça m'aurait indiscutablement sortie de ma torpeur... Cependant, je reprenais le contrôle et ma volonté avec. Une volonté qui était plus forte que cette tentation pourtant indéniablement présente. « Non... » murmurai-je en secouant doucement la tête de droite à gauche sans détacher mes yeux de la poche. Avec plus de conviction et d'assurance, mes yeux humides se hissèrent jusqu'à son regard profond. « Non. J'en veux pas. » La drogue avait joué un rôle capital dans mon état actuel, m'avait rongé l'esprit autant qu'il était parvenu à dévorer celui de mon père. Je ne voulais pas être sa copie, que l'histoire se soit répétée. Malgré mes fréquentations et la vie que je menais en Albanie, j'étais passée au-dessus de ce fléau. Certains jours très longs, ça avait été difficile de ne pas tomber dans le panneau. Mais j'y étais arrivée. Et je restais persuadée que si je n'avais pas été victime de ce réseau de prostitution, à l'heure actuelle je n'aurais encore jamais touché une seule fois au moindre stupéfiant.

Oscar se donnait du mal pour moi, pour combler toutes ces fissures et tenter de faire quelque chose de cette vie que rien n'animait. Je lui devais de ne pas flancher, d'être à l'image de ce qu'il attendait. Ça me donnait un but, une raison de tenir. Mais dans des jours comme celui-ci, ça ressemblait plus à un fardeau, un idéal inatteignable où ma foi se voyait ébranlée et en proie au doute. Étais-je assez forte pour tenir ? Pour changer ? Si d'ordinaire j'y croyais, nourrissant ainsi une assurance infaillible, ce n'était pas toujours le cas. Et je détestais ça... ce sentiment de ne pas être à la hauteur. De ne pas en valoir la peine. Un léger tremblement frénétique causé par cette tension qui me pesait, s'ajoutant à la colère que je renfermais, me faisait soutenir ce regard dont je voulais continuer à être digne. Ces yeux qui me fixaient et avaient à eux seuls la capacité de me gifler avec une violence dépassant de loin celle de mon incapable de père trop lâche pour s'en prendre à plus gros que lui.

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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Mar 12 Juin - 22:29 - #


Oscar Morietti & Irime Skoden.

Je me souviens de son visage lorsque je l’ai rencontré pour la première fois dans une ruelle sombre et étroite. Les yeux cernés à moitiés ouverts, une fine écume de rage s’extirpant de ses lèvres déchirées. Aussi hostile et enragée qu’un animal en-dehors de sa cage. Lorsque je me suis approché d’elle, son poing s’est levé et m’a fracassé durement le nez. Aveuglé par la douleur, j’ai dû attendre quelques secondes avant de m’en remettre. Mes hommes en ont profité pour sortir leurs armes en jurant qu’elle allait crever comme une chienne. Mais mon cœur était déjà baigné de cet amour inconditionnel envers elle. En effectuant un signe visible de la main, l’avertissement a été entendu et mes « soldatos » ont rangé leurs armes de poing dans leur étui. Et malgré mon nez ensanglanté, je me suis à nouveau approché d’elle en prenant mon temps, soucieux de la déranger à nouveau. Je me suis assis à ses côtés en restant aussi silencieux qu’une tombe. Je pense que cela l’a intrigué. Nous sommes restés ainsi pendant quarante minutes, elle qui ne cessait de transpirer de haine à mes côtés tandis que je reniflais en pressant mon bras contre ma partie nasale détruite. Enfin, mon retard a été attiré par l’écume de salive qui lui restait collé aux lèvres. Je me suis muni d’un mouchoir propre afin de nettoyer cette bouche comme le ferait un père envers son enfant. Avec douceur et amour. Sans démontrer aucune répugnance. Les muscles éteints, elle s’est laissé entrainer par mes mouvements, tout comme ses anciens agresseurs avant moi. Puis, j’ai enfermé ma main dans la sienne, envahissant ma poigne de chaleur et de bonté. Sa respiration est redevenue légère. Son regard, toujours mort. Son âme se retrouvait si loin de la vie. Et donc si près de moi.

Bienvenu dans ma maison, Irime.

Aujourd’hui, rien n’a changé pourtant. Tous deux coincés dans la luxure d’une chambre d’hôtel, nous sommes assis côte-à-côte sur un lit à moitié défait, nos mains à nouveau enlacées afin d’anéantir le tourment de cet instant. Immobile, j’observe les traits de son visage avec un regard fatigué, écoutant attentivement chacune de ses réponses. Je décortique ses « non » que j’entends de sa voix tétanisée. Mais je ne l’écoute pas. Malgré ses yeux redevenus humides et gonflés, je ne cède pas.

« Ça me fait plaisir que tu sois avec moi. La peine nous a encore rassemblé aujourd’hui. »

Si j’ai pris sous mon aile cette étrangère toxicomane aux idées noires, ce n’était pas par le fruit du hasard. J’ai cru avoir décelé quelque chose chez elle lorsque je l’ai vu se débattre corps et âme dans le seul but de vouloir étriper un homme violent. Un potentiel à exploiter. Une vivacité particulière. Une aura très forte émane de sa présence, une obscurité vive de clarté dans son regard. L’incarnation de la légende de « Babylone » comme le relate de vieux écrits. « Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre ».

« Tu connais la réelle définition de la douleur. Tu connais ses nombreuses manifestations. Tu l’as sens parcourir dans les fibres de ta chair… »


L’étreinte de ma main se resserre dans la sienne, ma voix rauque et apaisante recherchant à la conditionner psychologiquement.

« … mais tu manques de discipline. D’une goutte infime de rigueur. »

Ma caresse se détache en libérant nos mains, mais mon amour envers elle perdure. J’ai foi en elle. Et ma foi lui servira de bouclier face aux dangers qu’elle est prête à assumer. Il est temps pour elle de me prouver toute sa loyauté. Ma main s’engouffre à l’intérieur de ma veste et s’empare d’un Colt Anaconda, autrement dit un revolver de calibre .44 Magnum. Le genre de petit jouet qui est capable avec une seule balle de faire exploser une tête comme une pastèque bien trop mûre. Peu à peu, mon sourire paternel s’efface complètement, mes yeux la regardant d’un œil nouveau. Froid et impénétrable. Un visage de mort.

« Voici la clé de ton baptême. »

En tenant la crosse de l’arme, je commence à ouvrir le barillet afin qu’elle puisse voir qu’une balle réelle est coincée à l’intérieur. Une chance sur six de l’avoir dans le crâne, en somme. La roulette russe est un jeu noble et compétitif, bien que beaucoup de mes rivaux ne semblent pas prendre le même plaisir que moi. Au diable la vie. Au diable la mort. Ce sont des notions dont il faut lâcher-prise. Mes doigts se glissent à chaque extrémité de l’arme, la soulevant devant ses yeux afin qu’elle puisse contempler cet objet si sacré. Comme une offrande pour elle.

« L’adrénaline est la meilleure drogue que ton cerveau puisse recevoir. »

Un choix doit être appliqué à partir de cette frontière cruciale : accepter le cancer misérable qui la consume jour après jour ou devenir une femme de guerre, une ombre brûlante qui porterait avec droiture l’étendard de mon clan. Je n’attends pas d’elle qu’elle soit parfaite. Ni victorieuse en tout temps. Ni invulnérable.

« Une femme de guerre est entièrement vulnérable. Elle ne démontre aucune résistance à savoir si elle vivra le lendemain ou non, malgré toute la souffrance qu’elle peut endurer. Elle est ici, dans le présent de cet instant, observant les déflagrations des mortiers arracher tout ce qui l’entoure. Le monde peut brûler. L’univers tout entier peut conspirer contre elle. Quelle importance ? Elle ne redoute pas la fin de son existence. Car nous sommes déjà des spectres errants. Nous sommes déjà des ombres fondants dans la brique. Nous sommes les guerriers immortels de la Roccella. »

Tout en me relevant, je me tiens devant elle en lui tendant le revolver. L’électrochoc est annoncé. Je suis en train de poursuivre une opération de son esprit en ouvrant une vieille blessure qui peine à se refermer. La souffrance est cuisante. Peut-être pense-t-elle que je l’ai trahi. Que je ne vaux pas mieux que ces animaux qu’elle a détruit avec une avidité folle. Cependant, Irime, dans toute la splendeur de son être, peut très bien me considérer comme un ennemi et se rattacher à ses émotions folles. La vérité est que je suis là pour la libérer de sa prison spirituelle. Je tourne un scalpel imaginaire jusqu’à son cortex préfrontal. Il faut qu’elle entende raison.

« Regarde-moi dans les yeux ! »


Ma voix forte et caverneuse s’élève, se répercutant dans les murs. Elle ne doit pas laisser son esprit se distraire en regardant l’arme que je pointe ou ce que je peux représenter pour elle en cet instant. Elle doit rester accrocher à mon regard. Être bercé par ma fermeté et la paix que je vais lui apporter. Je n’imagine pas l’hostilité, le désespoir ou la lutte qui doit régner dans ses pensées. Un couloir sinueux s’étend devant nous, les ombres de la démence fondant déjà dans l’atmosphère. Il n’y a plus de marche arrière. Bien que mon cœur s’accélère à mon tour, ma voix ne perd pas de sa superbe :

« Je t’aime, Irime. M’aimes-tu aussi ? »

L’opération psychologique se poursuit jusqu’au noyau. Je sens son durcissement, la lame grattant l’extrémité de sa paroi. Je continue de lui parler, espérant que mes paroles puissent la retenir de ne pas réveiller sa folie. Elle doit accepter de faire un pas de plus. Elle a été abandonnée. Elle a été violée. Elle a été détruite. Mais elle m’a frappé, putain ! Elle a cogné ma sale gueule de vieux con ! La vie sommeille déjà en elle ! Il ne lui reste qu’un seul élément afin qu’elle puisse incarner sa nouvelle identité. Une femme de guerre. Une abomination de la paix.

« Tourne le barillet. Pointe le pistolet. Et tire. »

Mon index et mon majeur se tendent en formant un pistolet imaginaire que je place sur ma tempe. Doucement, j’entends le barillet commencer à tourner dans un long sifflement métallique. Puis, le barillet se fige. Le temps s’arrête soudainement dans un silence méditatif, son doigt effleurant longuement la gâchette de l’arme. Mon cœur s’étouffe, je m’attends à la perdre et à recevoir une propulsion de sang sur le visage. La mâchoire contractée, je lui murmure une dernière bribe de mon enseignement avant le grand cataclysme…

« Embrasse la mort et son incertitude. Car la mort ne surprend pas le sage : il est toujours prêt à partir. »

Je la laisse à présent au centre de ce voyage méditatif aux effets plus intenses que n’importe quelle drogue qu’elle aurait pu consommer.






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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Mer 13 Juin - 9:56 - #

L'envers du
décor
Sa main lovant la mienne. Cette chaleur qui se dégageait et cette aura. Dans ce regard que je soutenais, je ne voyais ni la pitié, ni la tristesse. Un regard à la fois las et salvateur. Comme s'il me reconnectait à la réalité. À sa réalité. Elle était bien plus belle que la mienne. Bien plus scintillante que tous les astres. Elle se consumait d'un ardent brasier aux couleurs chaudes. À ses côtés, ainsi liée à lui, je respirais. Comme si de terre il me relevait. Ses paroles me pénétraient l'âme sans que je n'y oppose de résistance, entendant à leur mélodie une litanie envoûtante. Il devrait, à cet instant plus que n'importe lequel, me terrifier. Mais cette peur, je ne la ressentais guère. Comme reprenant le contrôle, je sentais mon être s’imperméabiliser. Hermétique aux tourments qui me taraudaient. Ils étaient bien là, comme à chaque fois, toujours à me surplomber telle une épée de Damoclès. Mais à sa locution, je devenais spectatrice de ces maux.

Sa main m'abandonne, m'arrachant une inspiration profonde que je pris soin d'expirer longuement. Sa dextre vint se glisser dans sa veste et en sortir un tout autre échappatoire que la drogue. Une arme. De ces armes qui étaient passées devant mes yeux tant de fois. De ces engins qui rendaient la mort si facile et impersonnelle. Mon regard oscille entre le sien, durci, et le revolver. La clé de mon baptême. Je ne comprenais pas où il voulait en venir, mais je ne cherchais pas à réfléchir. Comme dépossédée de ma capacité de réflexion. Il avait cette ascendance-là sur moi, Oscar. Et pour cause : je lui devais tout. Jusqu'à ma vie. L'arme m'est présentée telle le Saint Graal. Une clé vers l'absolution et la libération. Actionnaire de l'adrénaline, mon bienfaiteur me remet le secret de cette paix qui l'habitait. Cette paix qui m'échappait.

Son laïus cherchait à me faire accepter ma condition humaine : esprit mis à l'étroit dans un corps qui ne servait qu'à choisir la façon dont j'utiliserai le temps qui m'était imparti. Une acceptation de ma vulnérabilité mais aussi de la force que je pouvais en tirer. Je suis ses mouvements des yeux, observant l'arme qui m'est tendue. Hypnotisée. Je commençais à redouter ce qu'il pouvait venir me demander de faire de cette arme tout en sachant qu'il était déjà trop tard. Au fond de moi, une autre personne prenait les commandes. Une part de moi qui se retrouvait liée par les barrières de mon esprit. Barrières qu'Oscar abaissait une à une. Un affrontement silencieux mais douloureuse se déroulait en mon for intérieur. Un pas à franchir. L'ordre résonne dans mon cerveau et mes yeux se redressent pour se planter dans ceux d'Oscar. Si mon rythme cardiaque restait stable, ma respiration se faisait toutefois plus forte. L'impression que mon corps réclamait l'oxygène et ses bienfaits malgré l'inactivité de mes muscles. Le froid m'agrippait l'échine mais la moiteur d'une transpiration naissante amorçait son ascension. Une peau glacée pour une âme en ébullition.

Le cristal volcanique de ses mots me font frisonner sans être capable de rompre ce sermon religieux. J'ignorais s'il s'agissait d'amour, mais une chose était sûre : depuis cette nuit où il m'avait récupérée, Oscar était devenu une part de moi-même. Tiraillée par les sentiments, mon cœur commençait à s'emballer. Ma vue à se brouiller sans que je ne détache mes yeux des siens. Aspirée par les abysses de l'océan.

Un canon sur la tempe. Une balle. Six possibilités. Une chance. Chance ? Ce n'était pas de la chance. Mourir : une simple et inéluctable conséquence de la vie. Je voulais vivre. Essayer de me retrouver dans ce monde. Mais les seules émotions qui me rendaient humaines n'avaient que de noirs desseins... Il me manquait quelque chose. Je n'étais pas comme les autres. Personne, à ma place, n'aurait pu rester normal. Les atrocités qui m'avaient forgées depuis ma plus pitoyable enfance ne pouvaient mener à rien d'autre que ça : un vide. Un vide que je voulais avidement combler. Un vide qu'Oscar savait comment combler. L'adrénaline...

Le barillet tourné, stoppé. Le sang sur ma dextre n'a plus la moindre once d'importance. L'arme chargée. Je la scrute sous les traits qui me sont proposés. Entre mes mains, elle a l'air si imposante... Ce n'est pas sa place. Et pourtant, je sens que c'est la mienne. Le bout de mes doigts effleure l'arme et son déclencheur dans une sensualité solennelle où la mort prend place. Je sens mon cœur continuer sa course pour fuir l'inévitable. De ma main blessée, je lève le revolver jusqu'à ma tempe. Et après ? Une question que je ne pose pas. Une question dont je connais la réponse. La paix éternelle ou l'attente d'un prochain tour. Amer constat de ce fil si fin et fragile qu'est la vie. Cette vie qui n'est rien. Je ne manquerai à personne. Des deux personnes à qui j'espérais manquer, l'une me considérait inexistante depuis mon enfance et l'autre saluerait mon geste. Une larme perle, traçant un sillon hyalin sur ma joue gauche avant que mes yeux ne s'assèchent et se lèvent vers Oscar. « Jusqu'à ce que la mort nous sépare. » Mon cœur battait si fort que j'en avais mal à la poitrine. L'oxygène et l'adrénaline rendaient ce moment intense si... vrai. Si vivant. J'aimais cette drogue plus que je ne pouvais l'admettre. Et bien qu'elle ne relevait que de mon être, ça n'en restait pas moins une drogue. Nocive et addictive.

Je sens ma main et chaque parcelle de mon corps se mettre à trembler comme une petite fille apprenant à chasser et se laissant envahir par cette sensation de pouvoir sur sa proie. Or, j'étais à la fois le prédateur et la proie. Je fixais Oscar avec conviction quand une lueur de conscience ébranla mon âme... Je ne voulais pas que ce soit la dernière fois que je le regarde. La dernière fois que je sens ma peau s'hérisser du frisson causé par l'émotion. Ma respiration se coupe, mon doigt fermement accroché à la gâchette. Les secondes paraissaient être des minutes, puis des heures. Une absence qui cette fois, s'éloignait de mes angoisses. Mes pensées se dissipaient comme si un tri mettait de l'ordre dans mon esprit. Si chaque fibre de mon être était prête à tirer, comme si la mort était déjà acceptée telle l'oiseau libérateur s'envolant avec légèreté au travers des mers et des océans, le coup ne fut pas tiré. Respirant à nouveau, calmement et sereinement. Je me sentais vacillante.

La mort était une solution de facilité, bien plus radicale d'un shoot, plus définitive, plus efficace. Un moyen de faire taire ces cauchemars, seuls vestiges de mon cheminement sur Terre. Ce n'était pas ainsi que je voulais montrer ma reconnaissance envers Oscar... Je ne voulais pas le quitter de cette façon. La tension remontait avec autant d'acharnement qu'il fallait pour détourner ce canon prêt à me libérer de tout ce poids que je portais sur mes épaules. Serrant les dents, rassemblant mes forces pour lutter, je ne lâchais pas Oscar des yeux. « Non... c'est trop simple... » Je détourne l'arme de ma tempe, ressentant comme une bouffée de chaleur aussi enivrante qu'une piqûre d'héroïne. « Je ne peux pas accepter qu'une balle se mette entre nous. Je veux continuer à me battre pour rester à vos côtés... Laissez-moi une chance, Oscar. Une dernière chance... » Ma voix se fait basse, pas comme ces complaintes que l'on entend au loin, mais comme une déclaration d'amour. Mes mains viennent se poser sur son torse, l'arme au canon levé au ciel, mon front se déposant sur lui. En quête de cette chaleur qui le rend si vivant, bien plus que les battements de son cœur. Contraste à ma peau glacée par l'air encore frais de la matinée déjà entamée.

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Re: L'envers du décor ▬ Oscar & Irime (terminé)
Jeu 14 Juin - 22:02 - #


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La branche vient de céder. Et mon cœur manque un battement. Je déglutis à moitié, mes poumons en feu refusant de reprendre un nouveau souffle. Mes oreilles n’ont pas saigné après avoir essuyé une détonation assourdissante. Pire que cela, un silence spirituel s’étend dans l’atmosphère. Le chant silencieux des anges. Nous partageons une transe commune où le temps refuse de reprendre goût à la vie. Les couleurs vives des tableaux et des murs sont devenues ternes. Une minute entière s’écoule avant de s’étendre aussi longuement qu’une vie humaine. Mes paupières se referment, puis s’ouvrent à nouveau. Qui est-elle véritablement à mes yeux ? Une femme qui mérite de s’incliner devant le portail de son salut ? Une fille bâtarde que je tiens à voir croître sous mon regard inquisiteur afin d’assurer la qualité de mes distributions ? Je ne peux nier qu’elle incarne une véritable énigme en cet instant douloureux. Je commence à étudier minutieusement les réactions de son corps. L’impact dans son regard. L’enfer est à son image, prête à éclater en ruines. L’adrénaline doit procurer une sensation presque euphorique. Un envol au-delà de notre monde, planant au-travers d’une vaste forêt aux arbres qui s’étendent à l’infini. La création d’un jardin d’Eden programmé et bientôt déjà oublié. Car nos mots commencent déjà à périr à l’intérieur de notre bouche comme une floraison cadavérique, éveillant ainsi un champ de fleurs aux pétales rances.

Sous mes yeux, elle se tient comme une coquille vide et immobile. Enfin, mes lèvres s’ouvrent, ma gorge se contracte … Mais aucun son ne sort. Car ce n’est pas à moi de briser le silence. Mais progressivement, les premières manifestations commencent à apparaître et reprendre vie. L’innocence brisée, des gestes quelque peu désordonnés aux envies imprévisibles. Comme le ferait un enfant aveugle qui tâtonnerait à quatre pas le sol d’un monde nouveau, ses petites mains s’écrasant maladroitement sur des morceaux de verre pilé. Lentement, je la regarde baisser son arme.

Mot après mot, je bois ses réponses comme le sang le plus pur de mes ennemis. Elle m’explique avec une vigueur nouvelle qu’elle souhaite continuer à se battre. Elle souligne son envie de rester auprès de moi. Elle affirme vouloir encore m’aimer. Mais pour cela, une dernière chance doit être accordée par l’honorable patriarche que je représente à ses yeux. Tout aurait pu se finir en cet instant. Mais le destin en a décidé autrement. Cette fille … Non, cette femme est bénie par les dieux. Ses mains se relèvent et commencent à serpenter le long de mon torse. Je la sens se lover contre moi, réceptive à ma chaleur et aux battements calmes de mon vieux cœur malade. Cet élan aussi naturel que surprenant ne doit pas être négligé avec légèreté.  Je lui apporte peut-être la seule chose dont elle estime avoir besoin depuis très longtemps : une place où le temps n’exerce plus sa loi et où le repos peut donc être le bienvenu. Un abri qui n'est pas de ce monde. Et pourtant, je ressens le poids de sa grande culpabilité venir alourdir mes épaules. Et à son tour, cette culpabilité m’offre un revolver invisible à l’œil nu avec une balle dans la chambre. C’est à mon tour de décider de son sort. D’accueillir ses mots comme le plus intime des cadeaux. Ou d’appuyer sur la détente avant de débarrasser sa carcasse morte dans les tréfonds de la mer méditerranéenne.  

Depuis la nuit des temps, depuis que nos ancêtres ont découvert le pouvoir de tuer avec de simples cailloux, le sang a été versé au nom de Dieu, de la justice, d’une idéologie ou plus simplement de la folie meurtrière. Mais ici, même le destin ne pourrait justifier cette demande du sang. Je n’ai pas martelé son esprit afin d’imposer un idéal. J’ai recherché à insuffler en elle une force qu’elle avait si longtemps refoulé. N’ai-je pas réussi aujourd’hui ? Pourquoi ne suis-je donc pas heureux ? Le nectar de mes émotions se décompose dans toute sa structure, me laissant aussi vide et inerte qu’un homme marchant sur le couloir de la mort. A la vue de son visage blême, elle me rappelle la revenante juive, les vestiges encore fumants de l’holocauste s’étendant derrière elle. Ses pas l’ont extirpé en-dehors de sa peine et de sa douleur. En-dehors de son camp de concentration. Mon esprit est ailleurs, baigné dans les racines terreuses de la poésie latine.

« Gloria mea ecclesiam. »

Gloire à mon église. Car tu es ici chez toi. D’un geste attentionné, j’ôte le revolver de sa main avant de le jeter comme un vieux mouchoir usé juste derrière mon épaule. Le son du calibre retombant mollement sur l’oreiller résonne pendant une très courte seconde. Puis, je récupère sa main blessée et chancelante afin de la laisser caresser mon visage car son sang est devenu le mien. Malgré la froideur de sa chair, j’ai retrouvé la flamme ardente de sa voix. Son esprit endurci a refusé de se laisser couler dans les eaux troubles du blasphème. Tout en laissant mes bras l’envelopper, je la laisse respirer, reprendre les rênes de son monde comme elle l’entend. Mes lèvres viennent effleurer l’extrémité de ses cheveux châtains en un tendre baiser. Elle vient d’exécuter froidement une martyr dépendante, sauvage et désespérée. Désormais, elle devra assumer l’identité d’une femme nouvelle. Puisse-elle reconvertir la tempête de ses horreurs en la bannière de sa nouvelle toute-puissance.

« Je t’accorde une dernière chance. Car je suis ton père et tu es mon enfant. »

Du coin de l’œil, je reconnais cette paix antérieure qui commence à animer son visage. Un instant immortalisé qui transcende l’esprit humain. Une odyssée de plusieurs siècles réunis en quelques secondes infimes.

« Si tu parviens à l’honorer, ton dévouement deviendra un bien que je saurai chérir. »

Inutile de souligner les conséquences du cas contraire, ma venue est déjà un avertissement suffisant. Je lui accorde la liberté à elle et à ses angoisses de vivre une relation conflictuelle pour l’éternité. Néanmoins, elle devra suivre l’obligation de maîtriser ses propres émotions et de ne plus jamais faillir à son devoir. Et pour canaliser son mal intérieur, il n’existe qu’un seul remède. Devant les derniers remparts de son humanité, je lui apprendrai à faire du mal. A s’abreuver d’une coupe entière de violence envers celles et ceux qu’elle aurait décidé de nuire. Car tuer pour soi est un meurtre. Tuer pour son gouvernement est héroïque. Mais tuer pour le divertissement est tout simplement inoffensif. Telle est ma vérité aujourd’hui. Telle sera sa croix le lendemain.

« Je vais envoyer quelqu’un pour fixer cette mauvaise blessure. Dès demain, tu regagnes ton poste. Avec des heures supplémentaires. Je ne veux aucun retard. »


Avec lenteur, je me détache de son étreinte en me relevant à nouveau. D’un geste vif, je redresse consciencieusement l’extrémité de mon col avant de prendre congé. D’autres affaires demandent toute mon attention. La main sur la poignée de la porte, je retiens soudainement mon geste tout en mordillant ma lèvre inférieure. Je me retourne en affichant un sourire aussi radieux et sauvage qu’un prédateur affamé devant sa proie.

« Tu sais, tu devrais sortir un peu plus souvent… Cogne un passant. Brûle une voiture. Et joue au golf à l’intérieur d’un magasin de porcelaines. Et surtout, n’oublie pas de prendre ton pied… »

Je m'incline devant ses yeux avant de lui adresser un clin d'oeil réjoui. Semer le chaos sur son passage est toujours une sensation terriblement aphrodisiaque. En vérité, cela permet de tuer beaucoup de choses : le temps, la solitude et des martyrs qui ont oublié où se situent leur place.








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